REVALPIN

Grand tour du Brocan

28 Avril 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Une rando où l'on a fallit croiser le groupe mytique de Leila Shahshahani montant du refuge Remondino. Je me disais bien que les belles traces dans la descente du Pas du Brocan étaient toutes fraiches! Voir leur compte rendu sur Volopresse.
Les skieurs Mar-alpin sont déjà à la plage? Nous avons trouvé les montagnes bien vide en ce dimanche 27 avril. Heureusement Martin, Yann et Jean Pierre nous ont accompagnés pour un départ extra matinal dans la vallon des Erps où il fallait se motiver pour 1h de portage des skis. L'objectif initial était le sommet du Brocan et son magnifique couloir Est. Mais une fois arrivé au pied de la rampe en neige dure d'accès au sommet en face Ouest, la motivation se dissout dans la brume environnante. La perspective de l'arête mixte dans le brouillard nous décourage.

En plus, il a l'air de faire bien meilleur temps un peu plus loin vers l'Argentera. En fait les nuages sont restés toute la journée  du coté Français sans trop déborder la crête frontière. Avec Muriel, nous partons donc à la descente  vers l'Italie sur une neige glacée pour chercher le ciel bleu. Le moral étant de nouveau aussi beau que le ciel, nous remontons vers la cime du Baus au dessus du lac de Nasta, dans un cadre grandiose d'aiguilles de Gneiss. En versant sud de la cime du Baus un couloir permet de faire une variante originale au tour du Brocan. La neige est transfo en surface, s'est le pied!
Vu du versant Est du Pas du Brocan depuis le col de la Ruine. On voit le couloir descendu à gauche de la cime de Baus.

Sous la brèche du Brocan le couloir Est était aussi en super condition: pour une autre fois.
Muriel attaque un peu dans le couloir Sud de la brèche 2930m de la cime Il Baus.

Miam, miam la bonne neige!




On voudrait presque descendre jusqu'au barrage de Chiotas tellement on se régale. Mais il reste une dernière remontée vers le col de la Ruine pour rentrer par le vallon de Cougourde. Mais où est le col dans ce grand versant italien. Heureusement un troupeau de chamois a fait la trace. Ça nous aura évité de tergiverser sur le bon itinéraire.
Le versant nord de la crête frontière vallon de Cougourde /vallon de Chiapous.

J'ai mis le tracé du col de la Ruine qui n'est pas évident à trouver de ce coté parmi les  dizaines de brèches.

Attention! ce versant est très dangereux en cas de neige non stabillisée en  versant Nord.

Le coté Français est toujours dans la crasse, mais on passe rapidement sous la couche de nuage. Au moins la neige n'est pas encore trop pourrie dans le vallon de Cougourde. Plus bas, on récupère la trace des copains qui ont fait le Guillié et on rentre au Boréon en déchaussant sur 3 courtes sections. Le sourire se lit sur les lèvres. Si seulement on pouvait faire tous les ans du ski comme ça en Avril!
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Cime de Baissette

24 Avril 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Ca faisait longtemps que j'avais vu ce fier Caïre surplombant le vallon de Sangué. Mais impossible de savoir s' il se fait en ski. Lors d'une visite il y a quelques semaines avec Mathieu en face Est du Pélago, j'ai vu qu'il y avait peut- être moyen de passer en versant sud.

Avec le risque d'avalanche annoncé encore élevé, voila un objectif idéal pour ce jeudi matin en visant un versant sud déjà bien stabilisé par les chaudes journées précédentes. En plus il y a plein de couennnes raidissimes à repérer en versant Est du Pélago. Finalement, la cime de Baissette présente une très belle descente qui serait classique si elle n'était pas un poil expo en haut et surement trop rarement bien enneigée. Après être monté par la crête Sud, j'ai vu que la meilleure descente était à proximité de la crête Est: une combe suspendue suivie d'une sorte de goulet proche du fil de l'arête Est qui permet de déboucher dans le vallon de Sangué. La neige était transfo à point en surface: un régal.

L'itinéraire que j'ai descendu passe par le petit couloir blanc plein Est juste dans l'axe du sommet (c'est la seule descente skiable)

Au vu de son orientation, il ne doit pas souvent être enneigé.

Plus bas j'ai récupéré des pentes sud dans le vallon à gauche.
Vu du sommet on voit la pente suspendue où il faudra pas se la mettre. La suite de la descente est au bout de l'arête dans un vague goulet. C'est pas tous les jours que l'on peut skier une arête!!!

A droite c'est le pélago.
 


Pas d'activité avalancheuse observée avant 11h. Tous les couloirs et pentes au soleil ont déjà purgé une fois ces derniers jours. Des purges plus massives semblent encore possibles si la température monte.

Condition de neige:
- Pourrie jusqu'au fond en bas du vallon de Cougourde car pas de regel. Pas de chance pour moi, le massif est resté couvert toute la nuit précédente! Heureusement la trace de raquette damée permettait de garder une bonne glisse.
- Superbe transfo à 10h sur fond de plus en plus dur en montant.
- Dans les zones encore à l'ombre (versant ouest et nord) tout était croûté même à 2700m! Comme s'il avait plu ou alors c'est le soleil déjà très haut d'avril? En arrivant au col entre Pélago et Baissette, voyant le beau couloir à l'ombre du coté Erps, qui avait déjà purgé, je me dis qu'une petite descente en poudre en plus ça ne se refuse pas. Finalement je suis descendu à peine de 50m tellement c'était inskiable dans une croûte regelée de 15cm d'épaisseur.

Enneigement du secteur:
- Sous le refuge de Cougourde le vallon est enneigé comme il y a un mois environ. La route est encore une piste de ski mais plus haut il faut déchausser sur les 100 m de chemin qui sont classiquement à sec. Au dessus ça passe encore très bien en restant haut en rive droite du torrent.
- Au dessus du refuge de Cougourde l'enneigement est énorme. Apparemment les couloirs N se sont bien plâtrés aussi. C'est la première fois que je vois le couloir le couloir N de Cougourde quasiment en un seul morceau: les rochers au milieu étaient presque recouverts. Ca passe à ski?
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Tête du Lac Autier

20 Avril 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Nous sommes allés voir la neige fraiche dans la Gordolasque samedi matin. Comme le disait Mathieu, c'est un régime de Mousson qui s'abat dans le Mercantour depuis quelques jours. Beau le matin, nuageux à midi et précipitations le soir.
La route est dégagée jusqu'au Pont Coutet. Au dessus tout est plâtré de neige fraiche. Mais les départs de la Gordolasque touchent à leur fin: plus de sous couche dans le mur des Italiens et seule une veille coulée d'avalanche permet de descendre assez bas en ski dans les pentes en rive gauche du vallon de l' Autier.

Juste en dessous du Lac Autier. L'objectif du jour est en vue. La Tête du lac Autier est le premier sommet à gauche.
Au milieu c'est le Cayre Autier et à droite la tête Nord du Basto.
 Et voila les accumulations de l'hiver.

Muriel et Mathieu au sommet de la Tête du Lac Autier: attention pas plus loin ou c'est le grand plongeon dans la face nord!
 
Nous sommes montés par le pas du Niré puis l'arête ouest. En arrivant au Lac Autier nous nous sommes tout de suite rendu compte qu'il fallait viser les pentes sud. Tant pis si la neige fraiche serait un peu plus lourde. Mais les versants nord paraissaient trop dangereux: beaucoup d'accumulation et des plaques à vent en tout sens sur le fond de neige regelé. A chaque fois que nous avons du traverser une courte pente nord personne n'était serein.

Pour la descente, le couloir sud s'imposait de lui même. Une ligne élégante et directe que l'on voyait depuis le matin en partant de la voiture. La neige fraiche n'était pas facile à skier: croûtée par le vent en haut, puis de plus en plus lourde en descendant. Malgré tout, l'ambiance hivernale de nos montagnes au mois d'avril valait le déplacement.

Muriel dans le couloir sud de la Tête du Lac Autier. Le parking en ligne de mire, un rayon de soleil et c'est le plaisir assuré.


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Bilan de la saison de ski 2007/2008

19 Avril 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Ne vous inquiétez pas, cet article ne sonne pas la fin de saison. Certains nous promettent d'ailleurs encore du ski de rando jusqu'en juin cette année dans le Mercantour. Je ne m'avancerai pas sur de telles suppositions climatiques. Toutefois je voudrais faire un peu le point à chaud sur une saison de ski dans les Alpes Maritimes qui devrait rester dans les mémoires quelques temps. En effet, avec les derniers hivers assez secs dans la région, il faut remonter au printemps 2004 pour retrouver de telles conditions d'enneigement dans le Mercantour.

Le titre de cet article aurait pu être "Bilan de la saison de ski 2008". En effet le mois de décembre 2007 est encore bien pauvre en neige par ici. Les fortes précipitations de novembre ouvrant la saison se cantonnent aux Alpes du nord et semblent bouder la cote d'Azur. Par ici rien de bien folichon en décembre. Seul le versant italien du col de Tende permet aux Niçois de faire un peu de ski de rando. On voit déjà se profiler à l'horizon le spectre des années  précédentes avec de grandes périodes sèches, où il fallait se rendre à Limone pour retrouver une ambiance un peu hivernale. L'hiver précédent, les courses de proximité pour les Niçois (Vésubie) n'ont même jamais été praticables!

Heureusement arrive le mois de janvier avec une cargaison de pluie: plus de 200mm relevés dans le mois à Nice. C'est le quart de ce qu'il tombe en moyenne en une année (770 mm). C'est également quasiment équivalent au cumul de précipitation de toute l'année 2007, pour vous dire comme nous avons eu soif l'année dernière. Voila de quoi remplir le massif de neige. Depuis le mois de janvier, les précipitations sont moins violentes mais régulières. C'est à peine si l'on relève une période de 2 semaines de beau temps successive. Le soleil arrive péniblement à fondre les versants sud pas assez élevés en altitude avant qu'une nouvelle couche de poudre reblanchisse tous les versants.
La qualité est également au rendez vous car la température est restée relativement basse tout l'hiver. Pas de grand pic de froid permettant de bonnes conditions dans les cascades de glaces du 06. Toutefois chaque épisode de précipitations est arrivé avec une limite pluie/neige ne dépassant guère les 1400m pendant tout l'hiver.

Voila la hauteur de neige cet hiver au lac des Millefonts qui illustre bien le début de la saison en Vésubie avec les grosses chutes de janvier (qui ont d'ailleurs fait boguer les relevés). Depuis, les chutes de neige successives maintiennent le manteau neigeux dans ce secteur pourtant bien orienté au soleil.


Les stations de ski les plus proches de la côte à Turini (Camp d'Argent) ou à Gréolière ont fait une saison miraculeuse de 3 mois en blanc de janvier à fin mars. Pour les stations les plus hautes du département c'est du jamais vu. La palme revient à Auron qui a battu tous les records de fréquentation cet hiver. Ca se comprend, car nous y avons fait des sessions de grosses poudreuses à chaque visite parfois encore une semaine après la dernière chute de neige!! Laurent devrait se souvenir longtemps d'une journée passée à tracer toute la station avec les remontées mécaniques qui tournaient pour nous tout seul avec 25cm de fraiche: un must impossible à trouver dans les Alpes du Nord!

Pour le ski de randonnée, c'est le rêve. Le ski est possible dans toutes les vallées du département. Fini la rando que l'on fait 2 fois dans l'année car il n'y a rien d'autre en condition. En janvier, les anciens niçois se régalent à refaire les courses "de quand ils étaient jeunes". Les départs, ski au pied, vers 1100m sont possibles quelques temps pour faire des sommets enneigés une fois tous les 10 ans. Malgré ce fort enneigement, le risque d'avalanche est resté limité pendant une bonne partie de l'hiver. Ceci est dû en partie à l'absence de période de froid intense qui a évité la formation de gobelets.
Ces bonnes conditions ne tardent  pas à se faire savoir bien plus loin que le pays Niçois. On sent bien que les skieurs recherchent maintenant les bons plans sur Internet. Les messages affluent sur ma boite mail pour obtenir quelques renseignements sur les raids possibles dans le Mercantour ou  l'Argentera. En février, l'absence de neige récente dans les Alpes du Nord accentue le phénomène. Ensuite le mauvais temps généralisé de mars sur les Alpes poussent les amateurs de raid à ski à s'intéresser à notre massif de l'extrême sud réputé pour son soleil. Toute la France débarque dans le Mercantour: les Suisses, les Chamoniards, les Grenoblois, Briançon. Les guides avec leur groupe de clients qui cherchent une destination de replis sont légions. Le Cham - Zermatt dans la tempête s'échange contre un raid dans le Mercantour. Les compte rendus de raids rentrés cet hiver sur C2C ou Skitour sont la partie émergée de l'iceberg représentant une forte activité dans le massif: exemple de raid original sur C2C.
A Nice, tout le monde finit par sentir que c'est l'année ou jamais pour faire un peu de ski. Même les accrocs de falaise qui ne démordent, en principe pas, de Castillon tout l'hiver daignent faire quelques journées de ski. De toute façon les collos finissent par résurger même dans les grottes et il faut s'occuper autrement. Les couloirs se remplissent de neige et voila une occasion pour certains de trouver de nouveaux défis dans le Mercantour.

Et voila qu'arrive quand même le printemps. Les températures montent difficilement de quelques degrés et les visiteurs sont déjà repartis vers d'autres réservoirs de poudreuses plus au nord. Ici les chutes de neige continues de recharger régulièrement le massif. Nous nous approchons de la fin du mois d'avril et de grosses chutes de neige sont encore annoncées pour les prochains jours! Les skieurs du département sont repus de neige et attendent que les falaises sèchent. Pourtant les conditions n'ont jamais été aussi bonnes et heureux sera celui qui saura profiter de ce printemps propice aux randos sans rayer dans les semelles des skis.

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Givré le mois d'avril?

18 Avril 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Ce vendredi matin de Nice, on a pu apercevoir le Mercantour plus blanc que blanc lors d'une éclaircie fugace: ça augure du tout bon pour ce week end!!!

Dicton de saison: Les averses avenantes d'avril avancent avidement avec un avant-goût d'aventure, nous aveuglant d'avalanches avantageuses.
Bref, tout ça pour dire que l'arrosage de printemps est efficace dans les Alpes Maritimes cette année pour le bonheur de la végétation et des skieurs. Voila pour preuve quelques photos de "plâtrage mercantourien" prises par Muriel avec Martin et Marta lors d'un tour à ski jusqu'au Collet St Robert le 13 avril.

Non non, ce n'est pas un paysage de Patagonie. C'est bien le Gélas avec le couloir Ouest au centre et l'arête du St Robert à gauche.
Marta arrive au collet St Robert qui s'est paré de ses plus beaux habits pour les rares visiteurs de l'hiver:   rosasses de givres et pétales de glace de 50 cm pour cacher les blocs de gneiss moussus.

Ce jour là, le versant italien du Collet St Robert présentait une accumulation de neige telle qu'il n'était pas prudent de descendre de l'autre coté.
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Printemps au Pélago

3 Avril 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Ce jeudi matin, nous sommes allés faire le couloir N E du Pélago avec Mathieu Blanchard, qui n'a toujours pas rasé sa barbe de terroriste taliban.
Le couloir NE du Pélago tracé sur une photo de 2006.

Il débouche esthétiquement à la brèche acérée entre les sommets sud et nord du Pélago.

Le cône de déjection se situe environ au dessus des grands replats de la partie basse du vallon de Sangué.

Le couloir est facile à repérer en remontant le vallon de Sangué. La partie haute du couloir qui paraissait bien blanche vue du bas était en fait assez étroite et nous a obligé à un long dérapage en raclant parfois un peu de rocher en bout de spatule. Ensuite "Que du bonheur"!! Le couloir, qui voit le soleil en partie le matin, est en neige transformée en rive gauche et en neige froide en rive droite. De quoi se faire plaisir allègrement avant d'aller bosser cette après midi.

Mathieu en surf dans le haut du couloir qui s'élargit petit à petit.

Neige froide à l'ombre et transfo au soleil: attention à ne pas se laisser piéger par les changements de glisse.
Plus bas, on peut élargir un peu plus les courbes.

Les autres photos de Math sur Skitour.

Comme le disait Nico, il faut effectivement déchausser 2 fois dans le bas du vallon de Sangué (à moins de s'échapper vers la gauche par une traversée vers le refuge de Cougourde comme le fond les vieux filous des Alpes Maritimes). Le bas du vallon de Cougourde est encore bien enneigé, mais ça sent le printemps : comme d'habitude le mur au dessus du chalet Vidron ne passe plus en ski à moins de longer à flanc de la cime de Juisse pour les amateurs de traversée à n'en plus finir.
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