REVALPIN

Névés dans le Mercantour?

27 Juin 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

La chaleur est arrivée sur la cote, et le grimpeur/alpiniste azuréen commence à penser à aller grimper en montagne ces prochains jours. Effectivement les parois sont sèches et la température est agréable en montagne. Mais il ne faut pas oublier que les chutes de neige ont été abondantes cet hiver et que tout n'est pas encore fondu au pied des voies.
Il y a plus de neige résiduelle sur le Mercantour que dans les environs de la Haute Tinée et de l'Ubaye qui sont déjà bien sec. Dans le massif du Mercantour / Argentera, attendez vous à trouver de la neige à partir de 2300m en versant nord au pied des faces et 2700m en versant sud. Il faudra donc prévoir de gros névés en ce début de saison au pied de la Cougourde ou au pied de la face nord du Caïre Barel et du Ponset par exemple. Méfiance également dans les couloirs de descente si ils sont mal orientés.

Simon vous présente le névé en voie de disparition au pied du Caire des Erps le dimanche 22 juin avant une ascension avec Sergio de la voie du 11 mars.

Ca commence à être sec au pied du triangle du Pélago et du Caire des Erps, encore un peu de neige dans le couloir de descente.

Une fois pris en compte ces quelques données de conditions, cette neige est finalement une aubaine. A nous les courses en montagne dans une ambiance alpine entourés de neiges scintillantes, à nous les folles descentes sur les névés en ramasse, à nous les bivouacs avec de l'eau à portée de main dans tout le Mercantour. Certains couloirs Nord doivent même être encore bon pour faire des courses de neige en ce début juillet: allez donc voir le couloir N des Gaisses (photo ici en plein hiver) ou encore le couloir en Y de Cougourde ou encore celui des Tablasses coté Italien du pas de Préfouns. Vous ne serez pas déçu si le regel n'est pas trop mauvais par une nuit claire. Crampons au pied, un piolet à la main, des bons coup sont sûrement possibles en ce début juillet si la tempérauture descendait quand même un peu.
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Retour à la montagne en Ubaye

23 Juin 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Le beau temps est arrivé et nous allons pouvoir prendre le frais en altitude cet été. Voila un petit reportage sur deux voies d'escalade peu courues en Ubaye dans la vallée du Bachelard où nous avons passé le week end dernier.

Le Ventabrun vous connaissez? La prochaine fois que vous passez le col de la Cayolle, regardez droit en face de vous, et vous trouverez cette paroi haut perchée au dessus de ravines rebutantes.  Et oui, le Ventadrun se mérite par une longue marche d'approche. Mais quelle beauté ce chemin qui s'insinue dans un vallon aussi inaccessible que sauvage. En plus le chemin vient d'être refaçonné ces derniers temps!!! Merci aux  courageux qui ont manié la pioche.

 Le vallon Julien est un véritable paradis de la faune sauvage. Le berger n'est pas encore montée en estive et seul les mouflons squattent sa cabane en ce moment.

Les tapis de fleurs et la rivière font de ce coin un havre de paix.
  Le rocher rouge de la face sud du  Ventabrun: un dédale de pinacles, piliers de rocher magnifiquement sculptés, mais aussi d'éboulements gigantesques et de couloirs dégueulant leur lot de blocs variés.

Quelle merveille de se laisser guider par une voie à la recherche du meilleur pour éviter le pire.

Nous avons fait la seule voie de l'ère moderne du Ventabrun "Coup de froid dans l'chaud". Il y a pas mal de pitons dans les longueurs, ce qui permet de ne pas se poser de question sur l'itinéraire. L'endroit est assez austère dans cette grande face loin de tout. Heureusement la paroi est habitée de myriades de choucas et nous avons même eu la visite de l'aigle royale qui est venu prendre quelques pompes au raz des rochers aux heures les plus chaudes de la journée.

Quel beau rocher!
 
Muriel au prise avec la longueur clef de la voie. Petite astuce:  pour passer l'A1 pas besoin de friend mais d'une sangle pour crocheter un becquet qui permet de pousser sur la pédale ainsi formée!

Samedi soir la fête de la musique était bien méritée à Barcelonnette. Avec les rythmes chauds dans la peau et un réveil tardif, il fallait trouver un objectif court mais intense pour le lendemain. Nous partons donc pour tenter la voie "qui s'y frotte s'y pique" au Pain de sucre. Le Pain de sucre est une magnifique pyramide de calcaire rougeoyant plutôt réputé pour ses voies D+ (qui sont incontournables) et qui cheminent de vire en vire. L'ouverture d'une voie nouvelle en 2006 avec plusieurs longueurs de IIV+ nous intrigue.

La voie force le mur rouge et compact d'une aiguille au centre du Pain de Sucre. L3 nous décourage presque à cause du rocher hyper abrasif, tranchant et cassant nous obligeant à des passages aléatoires entre des pas d'A0.  Mais la suite ne nous décevra pas. On se croirait au Maroc! Quelle ambiance dans cet endroit désert. Aucune trace de magnésie sur les prises. Un rocher rouge, compact et crépi de trous piquants. Les pâturages verts de ce printemps humide, et le ciel bleu du sud: le tableau est parfait.

 "Qui s'y frotte, s'y pique": Un nom de voie pas volé. Il faudra choisir soigneusement ses prises pour ne pas finir haché menu par la râpe à fromage.
Le topo des nouvelles voies ouvertes depuis la parution du topo de l'Ubaye sont disponibles sur le site du CAF Ubaye tout bas de la page escalade.
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Lessivage au Verdon

10 Juin 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

La pluie ne nous a pas fait de cadeau le week end dernier au Verdon. En plus, il devient de plus en plus difficile de trouver un bout de rocher sec, car les résurgences coulent  à plein dans la plupart des dévers. Nous n'avions jamais vu l'Escales dans cet état:  les tranches de 300m d'épaisseur de calcaire transpirent d'humidité qui dessine autant de trainées noires sur le rocher. La photo de l'Escales prise par Chistophe Bordieu est parlante.
Du coté du Duc, il ne faut même pas en parler: plus une seule parcelle de rocher sec tellement ça dégouline.
 Jamais vu le Verdon aussi furieux: un torrent de boue qui charrie blocs et troncs d'arbre. Mais où sont les plages de galets où se baignent les touristes à cet époque?

D'ailleurs dans les voies, il n'y avait pas moyen de s'entendre d'un relais à l'autre à cause du fracas de l'eau.

Le premier jour a été fructueux en découverte de lignes de rappel pour réchapper d'une voie sous la pluie.
Le deuxième jour, le réveil chez Florence avec le bruit des gouttes d'eau tambourinant les tuiles, nous fait dire qu'il est tant de jouer le joker pour avoir une chance de grimper au sec. Direction la paroi rouge, abritée par 50m d'avancée de toits et autres ventres. On part pour Kallisté:  qui se traduit par  "la plus belle" en grec. Une voie en libre, dont le cheminement ressemble plutôt à un itinéraire d'artif, franchissant tout droit la paroi déversante sans prendre de ligne de faiblesse marquée, vu du bas. Le haut de la voie sort dans du rocher gris trempé. Nous sommes donc sortis à la vire médiane pour rejoindre le jardin au pied de la Castapiagne.

Muriel attaque la première longueur qui met tout de suite dans l'ambiance: de bonnes prises et un bon penchage de 10 à 20° au delà de la verticale.

L'équipement béton sur ring, permet de se lâcher complètement pour tenter la lolotte de l'enfer permettant de s'allonger jusqu'à la prochaine prise.

Les dévers oppressants de la paroi rouge deviennent soudain un havre de paix, quand l'orage éclate avec violence  en mi journée.  Pendant ce temps, à l'abri du rideau de pluie, on savoure le rocher aux formes étranges et fantastiques, on s'applique à enchaîner quelques mouvements avec un gaz ébouriffant sous les pieds.


La fin de la longueur en 7a.
Comme dans toute la voie, on dirait que ça  ne passe pas vu du bas. Puis quand on a le nez dessus, on découvre  tout un tas de trous et manoilles inattendues qui permettent une escalade à bras enthousiasmante à la recherche du prochain bac.

La sortie de L4 est mouillée par l'eau dégoulinant des toits supérieurs. Il faut passer quelque pas au taquet avec les points qui s'éloignent et les chaussons qui glissent et la vire de réchappe approche. Encore une longueur en cheminée dans du rocher rouge violacé et la soif de grimpe est au moins étanchée jusqu'à la prochaine accalmie de ce printemps bon pour les grenouilles.
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Castelbianco

2 Juin 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Voila un article qui risque de vous faire changer de point de vue sur cette destination de grimpe Ligure.
En effet Castelbianco est surtout connu pour ses couennes et ses dévers retords dont fourmillent les sites du fond de la vallée de Pennavaire. Une  fois sur place, on se rend compte qu'il y a aussi des sites pour grimper dans le 6 sur du très bon rocher. En montant un peu sur les hauteurs au dessus des magnifiques villages Ligure, on trouve même quelques falaises d'une centaine de mètres de haut pour s'élever longueurs après longueurs au dessus des champs de cerisiers chargés de fruits murs à point.

La Rocca Rossa: des voies de 4 ou 5 longueurs dans un niveau 6b à 7a sur  un rocher étonnamment bon et sculpté.

Le rocher n'est pas rouge pour rien: le haut de la falaise déverse pour tenir tout le reste à l'abri de la pluie. Chaque voie présente une longueur soutenue généralement équipée en A0 pour passer ce problème en haut.

Vu du bas, les voies de la Rocca Rossa n'ont pas l'air trop difficiles. En fait la perspective est toujours trompeuse et les longueurs sont très techniques sur de magnifiques strates couvertes de petites gouttes d'eau sur du rocher rouge: incroyable!! Le topo conseille de descendre du haut à pied, mais la plus part des relais sont équipés pour descendre en rappel. Nous avons fait "2 Salti nel Mistero" plutôt à bras et le bas de "Operazione Papero" plutôt technique sur gougoutes.

Au dessus du village de Veravo, il faut aussi aller voir les Bausu. C'est un immense site de couenne qui s'étend le long d'une barre de plusieurs km parsemé de quelques voies de 3 ou 4 longueurs pour s'élever un peu plus haut dans les zones où le rocher est le plus beau. Mention spéciale pour le secteur de la Fontana pour les amateurs d'escalade sur silex comme à Lantosque ou à  St Dalmas le Selvage.
 La deuxième longueur de "la Scopa  Volante" à la Fontana. C'est une dalle en 5c avec des silex extraordinaires qui forment autant de poignées super abrasives: un bijou.

Après la grimpe, vous ne manquerez pas la visite de la cité médiévale de Catelbianco totalement rénovée ces dernières années. C'est plus beau que Gourdon et Eze réunis sans aucune boutique ni commerce agressif: Vive l'Italie. En plus nous sommes tombés en plein dans le week end de la fête au village à Veravo. Surpris le samedi soir d'entendre une sono en rentrant à la voiture, on était bien content pouvoir se refaire une santé en goûtant aux spécialités locales et en dansant au bal musette.
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