REVALPIN

Riu de Pierlas

18 Août 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Nous sommes allés descendre le canyon du Riou de Pierlas dans le grand bassin versant du dômes des Cluots du Cians. Je voulais quand même faire un petit article, même si nous n'avions pas d'appareil photo, car ce canyon a remonté mon estime pour cette activité de descente aquatique. Il y avait suffisamernt d'eau, sûrement grâce aux orages de la veille, et  nous nous sommes régalés. Pour les photos vous pouvez toujours voir celles de "Evasion verticale" prises en avril de cette année. (L'eau devait être froide, non?)

Je ne me souviens pas avoir déjà fait un canyon aussi technique et esthétique. C'est vrai que mes souvenirs datent déjà, mais il doit bien y avoir deux fois plus de rappels qu'au Raton, non? Ma soeur, Laure, ayant apprivoisé la technique du rappel au Cramassouri, nous partons donc avec la famille en vacances pour un canyon que je pense un peu plus représentatif de l'ampleur des canyons des Alpes Maritimes. Et bien nous n'avons pas été déçu. C'était tout simplement merveilleux. Des centaines de cascades les unes sous les autres, dont pas mal nous ont obligé à rabouter nos deux cordes de 45m de  peur de ne pas arriver jusqu'à la vasque suivante pour s'engouffrer dans ce long système de tubes jusqu'aux entrailles de la terre. Certaines cascades sont arrosées sous un dévers, d'autres sous la forme de méga toboggan à descendre avec la corde, d'autres rappels franchissent plusieurs bassins perchés successifs, d'autres sous des blocs coincés, d'autres dans des puits sombres, d'autres dans des étroitures où il faudra se débarasser du sac à dos... Et le tout dans le rocher rouge des pélites du Cians qui donne une touche d'exotisme au site, parsemé de touffes de lavandes.

Bref c'est le délire, et en plus on n'en voit pas le bout. Il faut être sacrément au point sur les manip pour ne pas perdre de temps. Le mieux est d'être au moins deux personnes autonomes afin de se relayer pour installer les cordes et faire descendre tout le monde pendant que l'autre récupère la corde précédente. Nous avons mis 5h sans traîner pour le canyon lui même, auquelles il faut rajouter la marche d'approche panoramique et le retour: bref une grande journée de plein air. Au fait, une info importante: Le canyon n'est pas celui du point coté 1566 sur IGN comme indiqué sur le topo "canyons sauvages du 06", mais bien le vallon précédent où l'on voit un spit juste en dessous du chemin des traverses.
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Les meilleurs spots de couennes d'été sur la côte d'Azur

13 Août 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Couennes

Mais où grimper autour de Nice en juillet et août? Cette année la grosse chaleur a attendu le 20 juillet pour investir la cote. Depuis, mieux vaut connaître les sites suffisamment au frais pour passer une journée agréable.
Les critères d'un site d'été pourraient être listés comme suit :
- une falaise qui passe à l'ombre au moins une partie de la journée
- une vallée de préférence ventilée pour vous rafraîchir dans le pas tout en haut de la voie
- une marche d'approche courte pour ne pas arriver en nage à la falaise
- un site de baignade à proximité pour se rafraîchir après avoir transpirer dans le projet de la journée
- un bar à proximité pour se désaltérer en option

Heureusement la nature nous a fourni quelques falaises répondant à une bonne partie de ces critères. Voila donc une sélection de sites d'été de Cannes à Menton ou d'Ouest en Est.
- A St Cézaire, un seul site est vraiment à l'ombre toute la journée: c'est St Sézaire 3 et 3 bis. En rive droite de la Siagnole, la falaise voit le soleil seulement à partir de 18h. Après il est tant de goûter à l'eau fraîche des superbes bassins de la Siagnole sur le chemin du retour.
- Les gorges du Loup sont connues pour la ventilation thermique qui marche presque à tous les coup par belle journée ensoleillée de 9h à 19h. Il y a bien sûr Déversée qui reste à l'ombre jusqu'à 14h. En plus on peut descendre se baigner au Loup juste en dessous du parking. Mais il y a aussi tous les secteurs "moins extrèmes" de la rive droite qui sont à l'ombre à partir de 13h. A Messa Verde il y a même des vasques magnifiques pour se baigner le long de la marche d'approche. Pour les secteurs des tunnels (Les Balcons, Jurassique, Cayenne, Pont du Loup) il faut reprendre la voiture pour se baigner en redescendant les gorges.
- Vers les gorges de la Mescla, l'Arche d'Escale est à l'ombre jusqu'à 16h et en plus vous êtes obligés de vous rafraîchir en traversant la Tinée à pied pour l'accès. De même il y a le site de la Mescla à l'ombre l'après midi. C'est la barre à colonnettes juste en face de la voie montante des gorges un peu en amont de la sortie du grand tunnel de la voie descendante. Là encore, il faudra traverser le Var à pied: fort courant promettant un sacré rafraîchissement.
- Plus à l'Est les falaises ombragées avec possibilité de baignade à proximité existent aussi: Le site des gorges du Piaon à Sopel permet de se baigner dans la Bévéra juste en dessous de la route et vous pouvez toujours aller rendre visite à la "Bergerie" de Breil sur Roya pour vous baigner ensuite dans la Roya ou même dans la Maglia!

Pour ceux qui ne peuvent pas trop s'exiler au frais en montagne, voila de quoi tenir tout l'été dans les Alpes Maritimes sans trop souffrir de la chaleur. N'hésitez pas à laisser un commentaire si vous connaissez d'autres sites d'été à proximité de la côte.

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Granit du Mt Blanc

13 Août 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Voyages

Voila quelques infos sur notre sortie annuelle au massif du Mt Blanc. Au vu de la fréquentation extrême du massif, en général une seule course là bas par été suffit à nous dégoûter pour la saison. Nous avions choisi d'aller visiter le granit des piliers du Brouillard en se disant que pas grand monde aurait envie de faire 2200m d'approche pour aller dérouler quelques longueurs d'escalade. Nous voila donc partis pour le bivouac Eccles à 3800m d'altitude.

En avant sur le glacier du Brouillard au pied des piliers de granit géant qui soutiennent le Mt blanc de Courmayeur.

Le bivouac Eccles est encore assez loin sur le flanc de l'aiguille visible tout à droite de la photo, et pourtant on commence déjà à être pas mal claqué de cette longue montée.

Le glacier est chaotique, mais il se remonte encore assez bien avec de nombreux ponts de neige qui devraient tenir quasiment toute la saison grâce aux chutes de neige régulières qui arrosent le massif cet été.

Effectivement personne n'allait grimper aux piliers du Brouillard. Mais c'était sans compter avec tous les acharnés de très hautes montagnes, qui étaient aussi montés à Eccles pour assaillir le pauvre Mt Blanc par toutes ces arrêtes: Innominatta, pilier du Freney, Peuterey. En tout, environ 26 personnes à Eccles le premier soir. Autant dire qu'il était impossible de fermer l'oeil dans cette boite de sardine de 9 couchettes bondées à craquer. Heureusement tout ce monde part petit à petit dans la nuit. A partir de 4h30 nous nous retrouvons seul au refuge et il est enfin possible de se reposer un peu sur le matin. Tant pis pour l'horaire matinal, c'est tellement bon de pouvoir enfin dormir un peu. Une fois opérationnel pour grimper, les conditions ne nous laissent pas trop le choix de la voie. La saison avancée a formé d'énormes rimayes au pied du pilier central et du pilier Bomington. Seul le pied du pilier rouge est à peu près fréquentable. Pour la voie Bonatti il faut remonter un gros cône en contournant une rimaye béante. On choisi donc "les anneaux magiques" dont l'attaque était encore pourvue d'un pont de neige permettant d'atteindre le rocher.

 Le départ  de la voie par la rampe de la directissime du Pilier Rouge qui nous a permis de rejoindre L2 des "anneaux magiques". L'attaque directe de la voie Piola était défendue par un trou béant qui ne doit pas souvent passer allégrement!
 Au milieu du socle des "Anneaux magiques", toujours pas d'anneaux de rocher en vue: on nous aurait menti ou bien??

Au dessus, le pilier rouge quasi déversant menace: mais par où ça passe?

Finalement plus ou moins sur le fil gauche  de la photo.


 

Les fameux "anneaux magiques" se trouvent finalement dans la longueur la plus dure en 6c sur un mur pourvu d'écailles de rocher en forme de croissant de plus en plus fines en montant vers le haut. La longueur précédente suivant une veine de quartz blanc nous a beaucoup plu. Au dessus la voie suit une succession de fissures plus ou moins larges à la chamoniarde. Nous nous sommes un peu perdus dans le bastion en suivant des diedres trop à droite sur le fil. Visiblement nous n'étions pas les premiers, car il y a un piton et un friend coincé dans un passage plus dur.  En haut des "anneaux magiques" nous sommes redescendus en rappel sans sortir en haut du pilier car la journée était déjà bien avancée. En plus il faut remonter la corde fixe qui permet de descendre à l'étage inférieur du glacier par un mur de glace raide. Il vaut mieux  prévoir un brin de 50m à fixer pour ce passage au cas où les conditions se détériorent : sérac plus haut ou chute de pierres coupant la corde.

 La sortie de la longueur clef en dalle.
 
La face est déjà passée à l'ombre à cause de notre départ tardif et il fait bien frisquet tout d'un coup.

Tout en bas le glacier du Brouillard écoule tout doucement ses tonnes de glaces qui s'écroulent régulièrement à grand fracas.
   Muriel traverse pour rejoindre la voie Piola et ses beaux relais équipés après notre fourvoyage sur le fil gazeux du pilier.

La descente en rappel est très pratique et nous n'avons pas coincé la corde.

Il y a juste un relais sur un piton et des vieilles sangles à consolider. Apparemment la voie doit en croiser une autre plus vieille à ce niveau et il n'y a donc pas de spits au relais pour ne pas modifier l'ambiance?

Finalement, le choc des cultures n'a pas été si violent que ça entre les niçois et les chamoniards. Une fois la foule partie au Mt Blanc, nous avons eu tout le cirque pour nous seul et le deuxième soir nous étions seul au bivouac: un peu plus en accord avec nos habitudes du grand sud.
Un petit coucou à Seb Meyer et sa copine qui ont du se régaler à l'arrête de l'Innominata et un grand merci à Mario Monaco de Cuneo qui nous a laissé quelques délices culinaires pour le deuxième soir après avoir buter à l'arête de Peuterey. Et quel repas de roi: les tortellinis fais maison de sa femme avec les olives et la mozarelle dans son jus. Un vrai régal tout là haut!!
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