REVALPIN

Neige du 30 octobre

30 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

Voila la photo coup de coeur du jour:
C'est le Mercantour tout de blanc vétu, vu depuis Nice - St Augustin, ce jeudi matin, avant même qu'une photo ne soit publiée dans Nice Matin.

 
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Au Baou d'Eïra on ira

24 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Voila un petit album photo réalisé à l'occasion de l'ouverture de la saison dans le vallon tranquille de l'Erbossiera avec Mumu et Benoit Degroisille.
Un an après l'équipement de "En voie de disparition", la fréquentation a l'air assez proche de zéro par ici. Tant mieux pour les amateurs de tranquillité que nous sommes. Tant pis pour tous ceux qui se plaignent régulièrement qu'il n'y a que des voies élitistes dans le 06.



Ben déjà tout sourire dans la première longueur. Et encore, ce n'est que le début avec du rocher un peu fracturé.

Mumu se régale dans le pilier de la 3ème longueur. Aérien à souhait avec plein de bacs de partout.





Ben à la sortie du pilier: "C'est bientôt le Verdon avec ce gaz?"
   
En cette belle journée d'octobre 2008, il faisait encore chaud et nous avons pris quelques coups de soleil. Ça devrait aller mieux dans l'hiver.

Et ça continue dans la traversée de la 4ème longueur qui traverse au dessus d'une petite grotte.

Ben essaie de déchiffrer le pas un peu malcommode qui permet de se rétablir au relais en fin de longueur.
 



Quel calme par ici aujourd'hui, même la cimenterie de la Grave de Peille, qui ronronne au loin en semaine, est arrêtée. Seuls quelques tichodromes et autres oiseaux des falaises viennent nous rendre visite, curieux de voir 3 bipèdes qui rampent petit à petit sur le rocher.

 La fameuse  photos du bandeau d'accueil de REVALPIN.

Finalement la cotation de cette 5ème longueur est bien 6c au maximum pour la continuité: 30m d'anthologie dans une dalle raide pleine de bonnes surprises. Le rocher est de plus en plus sculpté pour finir dans un vrai gruyère de calcaire.


Et pour finir: la seule colonnette de la voie vous attends tout en haut dans un pas de 5+!

Les doigts sont déjà  bien sensibles  à cause du rocher agressif du Baou d'Eïra, mais la râpe à fromage de cette longueur ne va pas améliorer les choses.

Arrivé au sommet du Baou d'Eïra, la vue s'élargie sur les vallons boisés de l'arrière pays niçois. On se prend à rêver que les Alpes Maritimes sont encore remplies de petites falaises inconnues où il fait bon grimper au dessus d'un figuier.
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Pakistan version mixte

17 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin

All our regards to all the Pakistanese we met during this trip. Thank you for being so kind and welcoming with us. Your country, scattered with unique mountains, is magnificient.

Un petit bonjour à tous les Pakistanais que l'on a croisés pendant ce voyage. Merci à tous pour votre gentillesse et votre accueil dans votre beau pays aux montagnes uniques.


Ci dessus des fleurs de glace qui se formaient la nuit autour du camp de base et les enfants de Hushe qui sortent de toutes les maisons pour apprendre quelques mots d'anglais avec les touristes.

Et oui à 4000m au début de l'hiver au Pakistan il peut faire froid. Et si en plus le mauvais temps s'installe, on peut rester coincé sur le glacier de Charakusa. Les habitants de Hushe nous avait bien dit que cette année, l'hiver était un peu en avance et qu'il valait mieux rester à proximité du village pour grimper. Mais quand on vient de l'autre coté de la terre pour visiter les montagnes, on ne prette pas trop attention à ce genre de recommandation et on monte quand même tout là haut pour voir les merveilles de notre monde.

Voila le  site du camp de base au bord de la rivière avant les chutes de neige: un havre de paix au bord du glacier de Charakusa, entouré de pics vertigineux.

Après avoir pu profiter un peu du chaud rocher en versant sud du glacier, la neige est arrivée et au vu de l'altimètre qui montait chaque jour un peu plus, nous avons compris que l'attente allait être longue. Pour les courses de rocher pur, la saison était vraiment finie, car par la suite, la neige n'a plus quittée sur les vires de la Nayser Brakk. Heureusement chaque éclaircie permettait un peu de fonte sur les moraines du versant sud pour nous laisser espérer qu'il n'y aurait pas 2m de neige fraîche partout le jour où le beau temps reviendrait.
 Et c'est comme ça qu'un beau matin l'herbe jaunie du camp de base à disparue sous une couche blanche plutôt froide et humide.

Puis chaque jour voyait se rajouter quelques dizaines de centimètres. Un jour notre guide nous a dit que si le temps ne s'améliorait pas, nous allions être obligés de descendre tant bien que mal en laissant tout le matos ici et que des porteurs viendraient le chercher l'été prochain.
 
 Une fois que les bouquins  emportés ont été dévorés à l'abri sous la tente, il a bien fallu se bouger un peu malgré la dépression qui ne voulait pas nous lâcher.

Nous montons donc la tente 600m au dessus du glacier dans l'espoir de pouvoir progresser un peu vers le haut. Mais le risque élevé d'avalanche ne nous laisse qu'une petite crête bien orientée au sud au dessus du camp pour profiter d'une journée d'accalmie dans un paysage hivernal.

Et puis est venu le jour où il fallait bien se décider à redescendre à Hushe en cas de mauvais temps insistant. En effet les jours étaient comptés. Par miracle, ce jour là, la météo s'est améliorée. Chargés comme des mulets avec 5 jours de nourriture nous sommes donc montés poser un camp sur le bord du glacier du Farol et 2 jours plus tard nous avons atteint un col à l'est du Farol extrême Est à 5500m d'altitude.

Voila la "meije" du Charakusa tout en granit:Le Farol extrême Est

 La face sud présente 1200m de  big wall imprenable  formé de piliers de protogine à peine fissurés




 Voila notre tente au col  Est du Farol.

 Derrière les sommets géants du Baltoro  kangri surgissent au dessus de tout.
 
Le Farol extrème Est a été tenté plusieurs fois par la ligne de cascades de glace centrale. Le groupe CAF excellence y a fait une tentative en 2004 ainsi que des américains en 2006. Chaque expé a buté sur des murs infranchissables en escalade libre au dessus du point le plus haut de la goulotte. Nous avons donc tenté l'arête Est dans l'espoir de trouver un chemin plus facile vers le sommet.





La vue du premier grand ressaut de l'arête Est depuis les environs de notre camp haut au col Est.

Pas de rampe de neige facile: les friends et les broches vont encore prendre l'air!

 Le sommet du Chogolisa en forme de tente canadienne.  Surpris de le  voir si près, nous sortons la carte.

Pas de doute, la carte est bien complétement fausse. La chaîne des Farol est placée sur une autre ligne de crête qui n'a rien à voir avec là où nous sommes.
Une fois au col, le plus épique aura été de construire un emplacement pour la tente qui ne soit pas sur l'énorme corniche surplombant le versant abrupt de l'arête. Une journée de repos et de repérage des premières longueurs nous permet de profiter du paysage fantastique qui s'offre à nous. Le temps a enfin tourné au beau. Heureusement le vent nous laisse relativement tranquille à notre col. Du coup l'emplacement est optimal avec le soleil de 7h à 19h! Après 10j de mauvais temps, nous admirons nos premiers couchés de soleil, avec le granit charakusien qui vire au orange en fin de journée.

Le lendemain nous partons pour la tentative sur l'arête. Nous choisissons de contourner un premier bastion par la gauche en passant par des dièdres moins raides. L'escalade mixte est tout de suite éprouvante et nous finissons par hisser le sac.
 En dessous de nous la vue sur le glacier de Kaberi est fantastique.

C'est une vallée avec des centaines de sommets inconnus à cause de l'accès qui passe par le Cachemire.

Peut être une vallée bientôt accessible avec le tassement du conflit Indo-
pakistanais?



 Au dessus,  les rampes de neiges visées sont plus faciles et nous permettent  de rejoindre le fil de l'arête.

Le rocher est  compact et raide autour de nous et sans cesse des petits ressauts  débonnaires de loin compliquent l'ascension une fois dedans.
Très vite, on comprend qu'il ne sera pas jouable de monter au sommet dans la journée à la vitesse où nous progressons. Tant pis, on montera le plus haut possible en direction de la première antécime pour profiter de notre dernière course au Pakistan. Au fur et à mesure que l'on monte, la vue devient gigantesque sur les sommets du Baltoro tout proche et sur le bassin de Charakusa avec la pyramide du Drifica que l'on voit enfin en entier.


 De rampe  de mixte en  courte portions de glace, le cheminement vers le sommet parrait jouable, mais nous sommes décidément trop lent et nous décidons de descendre avant d'avoir atteint la première antécime.
 La descente en rappel qui nous vaudra un coincement de corde maudit dans les fissures franches de granit.

Le lendemain la descente jusqu'au camp de base sera éprouvante. Heureusement Ishaq est venu à notre rencontre sur le glacier pour nous aider à porter les sacs. Une fois au camp de base, les porteurs sont déjà arrivés pour descendre le lendemain vers Hushe. Visiblement tout le monde est pressé de descendre de ces montagnes où l'hiver s'installe petit à petit. En plus c'est  la fin du Ramadan dans 2 jours et ils ne veulent pas louper la fête qui va avec. Nous aussi d'ailleurs, même si nous ne nous sommes pas privés des bons petits plats du cook pendant un mois.

Dernière matinée au réveil difficile, perchée sur notre arête au col Est du Farol.

On voit ce qu'il reste de la corniche que nous avons effondré en creusant un emplacement pour la tente!

Voila une photo de la famille de notre guide Raza avec qui nous avons passé les fêtes du Ramadan à Skardu. A droite c'est moi, avec Raza et ses deux fils (Rhibert et Tensir) au Sapara Lake qui est le réservoir d'eau naturel de la ville de Skardu. A gauche c'est Ishaq et  Altaf : le cuisto et le porteur les plus inséparables du camp de base. Sans eux, pas de bon chapati tous les matins! Merci encore pour tous les bons petits plats (TROP!!) épicés qui nous ont fait patienter sous la neige.




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Pakistan version grimpe

8 Octobre 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Revalpin




Nous avons visité la vallée de Charakusa (à prononcer "Saraksa") dans une ambiance hivernale. Comme de nombreuses zones du Karakorum, ce coin est un paradis de l'alpinisme avec le rocher de Chamonix sur des aiguilles à la dimension himalayenne. Pas mal de récits d'expé dans cette vallée parlent d'un mois septembre au temps stable et sec. Pourtant nous avons essuyé une dizaine de jours de mauvais temps pendant ce mois de septembre 2008 moins estival qu'habituellement dans cette région. Mais l'ensemble du séjour nous aura permis des escalades enthousiasmantes sur du granit monolithique comme nous n'avions jamais vu. Le beau temps revenant à la fin, nous avons fait aussi une tentative de 5j sur le Farol extrême Est à 6250m par son arête Sud Est, dans un décors de haute montagne fantastique, à batailler dans du mixte entre des piliers de granit rouge déversant. A lire aussi sur cette vallée les articles de 2007 de l'incontournable blog américain "alpinestyle".

Le voyage commence par 2 jour de route le long de l'indus par la célèbre Karakorum High Way.

Une grande dépression automnale sévit déjà sur les lieux. Du coup il n'y a aucun vol pour Skardu depuis une semaine et tout le massif est blanc à 3500m: ça promet!
Au village de Hushe tout le monde rentre du bois pour l'hiver et tente d'abriter les fenaisons de la pluie.

Le Masherbrum se laisse admirer au fond de la vallée.

Le glacier de Charakusa est située dans la vallée de Hushe qui attire chaque année les grimpeurs du monde entier grâce à une concentration de tours granitiques facile d'accès. Ici le rocher est toujours bon, voir excellent par endroit, comme dans la vallée de Nangma ou sur les piliers du K7. Pour le glacier de Charakusa, c'est au fond à droite. Il faut compter 3 journées pour remontée le long de son flanc en empruntant une moraine étroite qui passe au pied d'une ribambelle de tours rocheuses à faire frémir les aiguilles de Chamonix. La traversée du glacier descendant du Chogolisa oblige à quelques passages de moraines acrobatiques.

La vallée de Charakusa est ouverte aux alpinistes depuis une petite dizaine d'année. Elle a été mise sur le devant de la scène en 2003, quand Steve House révolutionne le style alpin au K7, 6940m. Sur ce sommet qui n'avait été atteint que par des japonnais en technique lourde, il gravi en 41h en solo la face sud par un itinéraire en partie nouveau. Cet exploit lui vaut la distinction du piolet d'or en 2004. Pour tout amateur d'expédition légère, la visite dans cette vallée s'impose presque comme un pélerinage pour rêver un peu à des ascensions rapides sur des  sommets exceptionnels.

 

 La lune se lève  au dessus du pic Hassin au fond du Charakusa.

Dans quelques jours elle sera pleine, puis à la prochaine nouvelle lune il sera temps de redescendre dans la vallée pour la fin du Ramadan au risque de ne pas trouver de porteurs qui font alors la fête 4 jours durant.
 La soirée au camp rythmé par le " musical program" concocté par les porteurs qui se lâchent heureux de pouvoir encore travailler un peu en septembre, habituellement  début de la saison morte et heureux passer  quelques jours ensemble en montagne pour monter notre bardas tout la haut.
 

Une fois au camp de base à 4000m, le temps est magnifique les premiers jours et nous attaquons directement les festivités par de bonnes session de grimpe. Les faces sud des aiguilles les plus basses se déneigent vite et s'y prêtent parfaitement . L'ambiance est démente dans ce paysage que nous découvrons chaque jours un peu plus. Il n'y a pas âme qui vive dans la vallée en cette saison et on a le sentiment d'être des êtres privilégiés à pouvoir admirer chaque jour ces centaines de pics.


Grand beau,  le K6 qui fume un peu derrière, le rocher parfait au soleil: tout pour être heureux. 
   Dans le pilier de "No Tasty Talking" sur la Nayser Brak. Une voie évidente et irresistible  qui s'est révélée pas facile du tout.
Les cotations américaines nous jouerons quelques tours quand nous attaquons THE voie de Steve House :"Tasty Talking". En fait il fallait lire entre les lignes 6c/7a soutenu avec des pas d'artif. Autant dire que l'on a fait demi tour au bout de quelques longueurs d'anthologie, qui nous ont plus que chauffé les bras. Mais le bonheur de grimper dans ce bout du monde est vraiment là au milieu de ces pics de "ouf à chercher un itinéraire possible parmis les fissures au dessus de nous.

Et voila de quoi grimper juste au dessus du camp de base!

A gauche la fière aiguille de la Nayser Brak pointe vers le ciel.

A droite une aiguille que nous avons nommée "Base Camp Brakk", où nous avons grimpé un nouvel itinéraire très abordable.   

 Sur le granit de  la voie de l'Arc de Cercle, dont la difficulté augmente progressivement en passant d'un système de vires en 3, à de belles longueurs de 6b sur la fin.

Le K6, en fond de paysage, écroule tranquillement ses tonnes de séracs à tous moment.


 
L'intégrale de l'arête sommitale reste à faire. Avant un ressaut raide, nous nous sommes échappés par des vires vers 4600m en face ouest. Nous avons trouvé une descente commode par un couloir de neige quelques mètres au nord du sommet. Ce raid couloir  Nord/Est ramène directement sur le glacier au pied du pic Bétatrice.

 Muriel cherche où placer le bon piton dans le haut de l'Arc de Cercle.

Le soleil joue à cache cache ce jour là, mais la météo est encore à peu près anticyclonique.

Ces nuages ne sont que les prémices du pire qui arrivera quelques jours plus tard sous forme de tombereaux de neige.
Pour grimper en versant sud, il y a aussi tous les piliers au pied du K7 qui ont quasiment tous été gravis ces dernières années. Nous n'y sommes pas allés car leur orientation sud / ouest les privait de soleil  avant 11h. Ils sont donc restés un peu plâtrés de neige en permanence. C'est sur ces piliers qu'ont sévi la célèbre expé de grimpeurs belges de l'année dernière avec Favresse et Villaneuva.

 La face ouest du K7 ouest  présente 1500m de granit surmontée de 1000m de mixte pour un sommet à 6800m: un défi pour les générations futurs qui devraient sûrement s'y intéresser de près.


 Un peu d'escalade pour s'acclimater doucement à l'altitude: un bon moyen pour se faire plaisir sans avoir trop mal à la tête comme bien souvent quand on essaye de monter trop vite à 6000m.
 Un peu exténué en fin d'après midi non loin du sommet du Base Camp Brakk.

Juste à ma droite, le sommet du Kapura à 6545m et  au bout à droite la Haji Brakk dont la goulotte centrale a été gravie par Steve House en solo!!
 

Finalement tout aurait vraiment été parfait si la météo était restée au beau temps comme ces 5 premiers jours au camp de base.
Suite des photos et du récit à venir, avec l'arrivée des grands méchants flocons, le temps des camps haut perchés, le temps du mixte et des paysages d'altitude en direction du Farol.

 Et voila les truck du Pakistan tous plus beau les uns que les autres. Ca change des semi-remorques aux couleurs fadasses de chez nous.



Tensir et Rhibert (Les 2 enfans de notre guide Raza) et leur cousin découvrent l'ordinateur que leur père à emprunter à un ami pour écrire un livre cet hiver: un futur best seller racontant la vie d'un guide du Baltistan.
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