REVALPIN

Extrait de pente

27 Avril 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Ski extrème, pente raide, ski de couloir... quesaco?
La pente raide est un sport qui consiste à descendre à ski des pentes de neige allant de "très pentues" à "abominablement pentues". Ce sport a été initié par des skieurs amateurs d'acrobaties, de sensations fortes et d'expériences engagées. Il s'agit de Boivin, de Vallançant, de Chantriaux ou encore de Saudant dans les années 60 et 70.

Depuis leurs successeurs ont démocratisés la pente raide en multipliant les descentes les plus vertigineuses. Les topos de ski ont tenté de répertorier et hiérarchiser les couloirs de tous les massifs. Le matériel de ski de randonnée s'est allégé et fiabilisé pour permettre une pratique de plus en plus aisée. Il y a encore quelques années, le skieurs de pentes raides ne pouvaient pas se passer de son matériel de ski de piste suffisamment robuste. Il fallait ajouter des adaptateurs sur les fixations de ski de piste pour remonter une pente en peau de phoque. Aujourd'hui il n'est pas rare de voir du monde en low tech dans du 45°, avec des chaussures de randonnées dont le maintient s'est beaucoup amélioré. Les meilleurs skieurs enchaînent les virages à rythme soutenu. Quand les conditions sont bonnes, les descentes de couloir s'apparentent plus à du free ride, qu'au virage sauté et aussitôt stoppé d'autrefois.
 
Descente en ski du sommet de la Malédie le 23 avril 2009: Une pente courte, mais rarement en bonne condition à cause des rochers qui pointent un peu partout.

Descente en ski du sommet de la Malédie le 23 avril 2009: Une pente courte, mais rarement en bonne condition à cause des rochers qui pointent un peu partout.

Nicolas Féraud dans le couloir du Muraillon qui permet de faire le tour de la  Malédie en descendant sur le refuge Pagari.  Ce couloir orienté Est doit être descendu très tôt au printemps pour que la neige ne soit pas trop molle..

Nicolas Féraud dans le couloir du Muraillon qui permet de faire le tour de la Malédie en descendant sur le refuge Pagari. Ce couloir orienté Est doit être descendu très tôt au printemps pour que la neige ne soit pas trop molle..

Le massif du Mercantour regorge de pentes raides à ski. Le relief s'accentue d'Ouest en Est pour finir par les couloirs mythiques de l'Argentera. L'ensoleillement important permet une stabilisation relativement rapide de la neige et il est possible de descendre des couloirs plein cagnard en transfo en plein hiver. La géologie cristalline de l'Est du massif favorise les structures de couloirs raides et élancés rayant des faces de plus 1000m.
Une des perles du massif est certainement le Mont Pélago qui regorge d'itinéraires de pentes raides très faciles d'accès depuis le Boréon. Tout se skie au pélago: couloir Nathalie (W), couloir Sud, petit couloir Est, grand couloir Est, couloir Nord Est.

Vue plongeante sur le Boréon depuis le haut du couloir Sud du Pélago descendu avec Mathieu Blanchard le 10 mars, en neige béton!

Vue plongeante sur le Boréon depuis le haut du couloir Sud du Pélago descendu avec Mathieu Blanchard le 10 mars, en neige béton!

Cherchez bien le refuge de Cougourde sur cette photo prise dans la descente du grand couloir Est du Pélago le 26 mars.  C'était peut être bien une première, reprise quelques semaines plus tard par les frères Couturier: un couloir évident mais expo au-dessus d'une traversée dans le bas de la face.

Cherchez bien le refuge de Cougourde sur cette photo prise dans la descente du grand couloir Est du Pélago le 26 mars. C'était peut être bien une première, reprise quelques semaines plus tard par les frères Couturier: un couloir évident mais expo au-dessus d'une traversée dans le bas de la face.

Contrairement aux idées reçues, une pente à 45° (1 pour 1) est déjà très raide, et on parle de ski de pente raide dès 35° à 40° de moyenne. Les pentes les plus raides à ski ne dépassent pas les 60°.
Les spécialistes mesurent la pente avec un clinomètre : sorte de compas qui donne l'inclinaison de la pente. Mais pour vous en convaincre lors de votre prochaine sortie, vous pouvez déjà évaluer la pente avec vos deux bâtons. Posez en un à la vertical sur la neige et faites un angle droit avec l'autre posé au sommet du premier à l'horizontale pour construire un triangle entre les 2 bâtons et la neige. Si le deuxième bâton ne touche pas la neige c'est que la pente est inférieure à 45°.

Mumu dans l'esthétique couloir Est de la cime de Paranova qui descend directement du sommet jusque dans la Gordolasque sur le Pont Countet le 17 mars.  Malgré leur faible altitude, les couloirs de la cime de Paranova sont tout aussi majeurs que ceux de la face Sud Est du grand voisin le Néglier. Et quand ça skie depuis le sommet, comme cet hiver, c'est tout simplement fabuleux.

Mumu dans l'esthétique couloir Est de la cime de Paranova qui descend directement du sommet jusque dans la Gordolasque sur le Pont Countet le 17 mars. Malgré leur faible altitude, les couloirs de la cime de Paranova sont tout aussi majeurs que ceux de la face Sud Est du grand voisin le Néglier. Et quand ça skie depuis le sommet, comme cet hiver, c'est tout simplement fabuleux.

 Dans le couloir Sud du Caïre Frémus le 19 mars 2009.  Une goulotte vertigineuse de 1200m de haut qui passait miraculeusement en ski cet hiver grâce aux chutes de neiges importantes : ca se passe en chaussant les planches au sommet du Mt St Sauveur à 20min du haut des pistes d'Isola 2000 dans une des faces les plus rébarbatives du département.

Dans le couloir Sud du Caïre Frémus le 19 mars 2009. Une goulotte vertigineuse de 1200m de haut qui passait miraculeusement en ski cet hiver grâce aux chutes de neiges importantes : ca se passe en chaussant les planches au sommet du Mt St Sauveur à 20min du haut des pistes d'Isola 2000 dans une des faces les plus rébarbatives du département.

Le ski de pente raide est un sport pour les patients, bien loin de l'image des jeunes excités s'élançant à grande vitesse dans les hors pistes des stations de ski, à peine descendu du télésiège.
Les bonnes conditions pour descendre les pentes les plus raides sont rares et certains itinéraires ne sont praticables que quelques jours dans l'année. L'amateur de pente vertigineuse doit donc tenter de deviner quand son objectif est fréquentable en fonction des dernières chutes de neige, du risque d'avalanche, de l'orientation, de la température. Il n'est pas rare de devoir renoncer à une descente une fois arrivé au sommet ou de devoir descendre en rappel une section en mauvaise condition. Il faudra revenir plusieurs fois, pour enfin être au bon endroit au bon moment.
Pour éviter de se faire piéger par une neige dangereuse, glacée ou plaquée une fois engagé dans la pente, il est conseillé de remonter à pied dans le couloir convoité. Les conditions de neige les plus agréables en pente raide sont la poudreuse et la neige transfo. Mais la météo peut jouer des tours. Il est fréquent qu'un nuage empêche le dégèle de votre pente ou que le vent emporte toute la poudre, ne vous laissant qu'une vitre glacée en guise de toboggan.

 Quand le moral ou les conditions ne sont pas au rendez-vous, la corde peut sauver la situation, comme ici dans le haut du couloir du Hochjoch qui nous a permis de faire le tour du mt Zebru.  C'était le seul passage praticable pour rejoindre le refuge suivant en traversant la barrière de la chaine Zebru/Ortles

Quand le moral ou les conditions ne sont pas au rendez-vous, la corde peut sauver la situation, comme ici dans le haut du couloir du Hochjoch qui nous a permis de faire le tour du mt Zebru. C'était le seul passage praticable pour rejoindre le refuge suivant en traversant la barrière de la chaine Zebru/Ortles

 Tentative le 25 avril de descente de l'arête du St Robert au Gélas.  Une fine couche de poudre cache une  neige vitrifiée.... La descente en grande courbe sera pour une autre fois! Il vaut mieux jouer d'abord la sécurité en sortant la corde.

Tentative le 25 avril de descente de l'arête du St Robert au Gélas. Une fine couche de poudre cache une neige vitrifiée.... La descente en grande courbe sera pour une autre fois! Il vaut mieux jouer d'abord la sécurité en sortant la corde.

Pour finir ce reportage sur la pente raide dans les Alpes Maritimes, je vous laisse lire un article de Volopress qui étudie l'engouement de ces dernières années pour ce sport. Une analyse intéressante est d'ailleurs faite sur les effets d'internet et des comptes rendus de course disponibles en ligne stimulant les envies du plus grand nombre. C'est à lire ici.

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Crue avalancheuse 2009

20 Avril 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Le paysage des Alpes Maritimes restera à coup sûr marqué pendant quelques années par les crues avalancheuses de l'hiver 2008 / 2009. Plusieurs épisodes neigeux ont donné lieu à des cumuls de neige record qui ont provoqué des valanches très rares. La vallée la plus touchée a été la Tinée avec deux périodes de crise grave. Des hameaux ont été évacuhés, la route a été coupée plusieurs jours de suite et des avalanches sont descendues jusqu'au fond de la vallée de la Tinée à moins de 1000m d'altitude. Miraculeusement ces avalanches exceptionnelles n'ont pas fait de mort, même si elles ont atteint des zones urbanisées et des axes de circulation.
Ailleurs dans le département, c'est l'ensemble des couloirs du massif qui ont purgé le trop plein de neige. Partout les cones de déjection sont monstrueux ce printemps. Parfois, ces avalanches ont rasés des forêts qui s'étaient implantées depuis plusieurs décennies dans les couloirs alors en manque de neige. La place nette est faite pour plusieurs années pour le bonheur des skieurs qui voient souvent d'un mauvais oeil le reboisement naturel de nos montagnes. Certains couloirs de basse altitude qui étaient trop encombrés d'arbre vont devenir plaisant en ski les prochaines années.

La saison n'est pas finie et des avalanches de fonte vont encore avoir lieu ce printemps. Mais l'heure est déjà au constat et à la réflexion pour limiter la catastrophe lors du prochain hiver de ce type. La cartographie des risques d'avalanches va évoluer sur certaines communes pour mieux réglementer l'urbanisme et les constructions, en tenant compte des limites maximum des événements qui ont été observés cet hiver. De plus, les collectivités réfléchissent à des moyens de protection des hameaux exposés de la Tinée par des digues déflectrices ou des paravalanches dans les versants.

 Ici au dessus de Limone au pied de la face Ouest de la Facia.

La crue avalancheuse a aussi eu lieu sur le versant italien, mais le versant piémontait est plus régulièrement soumis à des forts cumuls de neige lors des retours d'Est. Le paysage est donc déjà marqué par les coulées régulières.

On peut remarquer qu'il n'y pas un seul tronc d'arbre dans le dépot.
 En comparaison, voila ce que cela donne versant français au Boréon dans le couloir sud de la Lêche.

Et dire que je suis passé là en ski en début de saison sur un joli sentier bordé de sapins centennaires, fréquenté par des groupes de raquettistes aussi insouciant que moi!!

Photo "Ski Tour"
 

 
 Ici le vallon de l'Adoussé descendant de la cime de Piagu sur le Boréon.
Au vu des tonnes de bois qui gisent dans les culots d'avalanches, on va pouvoir relancer la filière bois du département. Enfin bon, pour le chauffage seulement, car il ne reste pas beaucoup de troncs entiers.
 Ici la face Nord de la tête de la Poudrière (à coté de l'Authion) porte bien son nom au vu de la lave blanche qui a coulée dans ce couloir.
 

Quelques maisons (vides!!!) du hameau du Cialancier ont été rasées par la coulée du 16 décembre 2009 à St Etienne de Tinée.

Quelques uns ont judicieusement rappelés que "Cialancier" venait de "Chalanches" signifiant "avalanches" en patois local. Pourtant les maisons appartenaient à des familles de la vallée. Auraient ils perdus la connaissance de la langue des anciens?

Photo " Nice Matin"

Vu d'hélicoptère, l'impressionnante avalanche du Mt St Sauveur dont tout le monde a pu voir le dépot en face de la route en montant en station cet hiver un peu en amont des gorges de Valabres. 

Cette avalanche a été déclenchée artificiellement par des explosifs pour sécuriser la route, d'où les photos en direct live.

Photo "Data avalanche"

 Les culots d'avalanches ressemblent parfois curieusement à des glaciers avec les moraines latérales, le bourelet frontale, le charriage des matériaux en tout genre.

Ici c'est le vallon d'Anduébis sous le Pétoumier qui a été ravagé très tôt dans la saison.
 Les avalanches ont parfois des bons cotés, comme créer des ponts naturels sur des rivières infranchissables  autrement.

Ici à Castérino une coulée à bouchée  le torrent de la Valmasque.
 
 Sur la route d'Isola 2000 ce printemps la voiture parait minuscule par rapport à la taille du dépot de neige.

 On comprend mieux pourquoi l'accès à la station a été coupé pendant plusieurs jours.

Pour plus d'info sur les avalanches du département, je vous laisse découvrir le site Data avalanches qui répertorie un maximum d'événements avalancheux qui ont eu lieu dans l'hiver. On y trouve des photos, récits et une géolocalisation des avalanches.
Ce site web étant mis à jour pendant tout l'hiver, le répertoire des avalanches récentes peut être utile à la prise de décision pour le ski de randonné en complément du bulletin Météo France. Ceci est surtout vrai quand on va dans un massif éloigné, où l'on ne connait pas l'historique de l'hiver.
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Extrait de poudre

16 Avril 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Voila de quoi motiver les plus réticents à sortir encore un peu au ski en ce printemps 2009. C'est une rétrospective en image des plus belles descentes en poudre que nous avons pu faire cet hiver. Ceci juste pour vous alléchez un peu pour le weekend qui vient qui devrait nous réserver encore de la neige légère toute fraîche.

Math aux commandes ouvre une saison qui va s'avérer mythique.

Ici à la tête de Colombière en décembre.
   Début janvier 2009, c'est l'apogée de l'hiver avec un enneigement exceptionnel sur les préalpes Grassoises.

Ici, un skieur rassasié vient de se gaver en face Nord du Cheiron juste avant d'enchainer avec la face sud à 25km des plages du littoral!!!

Et dire que quand la poudreuse tombe en station, ils la dament, alors que nous la recherchons avidement tout l'hiver!!!! C'est le monde à l'envers dans ces stations!!!

 Et non toutou... c'est pas pour toi.

Le ski en poudreuse permet de faire de magnifiques traces dans la neige. Ce jour là une trentaine de skieurs ont laissés leur arabesques dans le versant Nord Est du Teillon.
 Et quand il fait très froid, au coeur de l'hiver, il est même possible de trouver de la poudreuse en face sud.

Ici Jean Pierre se délecte d'une petite godille au Lauvet d'Ilonse inondé de soleil.
 
 Plusieurs jours après la dernière chute de neige, les versants nords gardent souvent jalousement la poudre à l'abri des rayons ardents du soleil des Alpes du Sud.

Ici c'est la poudreuse  du Mt St Honorat dans le Haut Var qui est à l'honneur.

Lors d'un raid à ski, les descentes en poudre ont encore un autre charme.

Vince en versant Nord de la cime orientale de forni dans l'Ortles début avril 2009. 
   En effet, la qualité de la neige sur un tour de plusieurs jours relève plus de la chance et de l'improvisation.

Ici en face Est du Mt Zebru, nous pouvons enfin nous lâcher dans la pente après le couloir de 400m sous le bivouac Citta di Cantu.

 Descente de rêve en  Ortles face au glacier de la Minière.

Des combes entières sans une trace dans ce massif très fréquenté: c'est le privilège d'être sorti un peu du circuit classique en aérant la corde et le réchaud pour quelques refuges non gardés.
 
 Après 6j de raid, tout le monde à la banane et on finit par un festival de neige légère dans la descente du galcier du Mt Vioz.

Et si vous trouvez une neige gelée infâme ou croûtée lors de votre prochaine randonnée, n'oubliez pas que la poudre est un plat qui se mange froid: elle ne vous attendra pas souvent bien longtemps après une chute de neige dans les Alpes Maritimes. Alors feu flamme et soyez prudent... cf prochain article sur les avalanches.
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Toujours du ski

15 Avril 2009 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Ski

Pourquoi passer à autre chose avec l'hiver historique que nous sommes en train de vivre.
Il n'y avait pas grand chose à lire ces derniers temps sur REVALPIN, mais ce n'est pas pour autant que l'hiver est fini. Au contraire, ça skie plus que jamais dans les Alpes Maritimes. Tellement que REVALPIN tombe en rade.... Une petite couche de fraiche vient reblanchir nos montagnes chaque semaine, de telle sorte que le manteau neigeux ne diminue pas au dessus de 2000m.

Les routes et les cols sont partout en cours de dégagement et permettent d'accéder à des réservoirs de neige innépuisables ce printemps. Les routes de la Gordolasque, Madone de Fenestre et Boréon sont toutes dégagées jusqu'au terminus estival (jusqu'aux vacheries pour Cougourde).

Jojo appuie les courbes sur fond de Bégo en ce le lundi de Paques  pour lequel la montagne s'était une fois de plus fraichement  poudrée de blanc.
L'accès à la vallée de la Valmasque par le bas est bien scabreux cette année avec toute cette neige. La piste est complettement comblée et s'est transformée en pente raide au dessus des gorges.
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