REVALPIN

Parque Nacional de Ordesa

30 Juillet 2010 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Voyages

On était la semaine dernière pour un cours séjour avec Mumu à Ordesa. Mais c'est où ça?

C'est le versant espagnol du parc national des Pyrénées. Il doit s'agir du plus vieux parc national d'europe, car il a été créé en 1918 par décret royal. On était bien loin des ces préoccupations environnementales à l'époque en France, plus occupé par "l'Alsace Lorraine".

Cette région des Pyrénées est particulière pour sa géologie en majorité calcaire où les torrents ont creusé de grands canyons dans les couches de sédiments formant autant de falaises de montagne. Le contraste des couleurs est marquant. En bas c'est le vert profond des forêts, au dessus les couleurs vives des fleurs, puis le rouge orangé des falaises de calcaires gréseux, puis le vert des alpages, et enfin le gris du calcaires avant le bleu du ciel. Bref un festival de couleur qui sert de cadre à une escalade typiquement espagnol, engagée et raide, pour ce que l'on en a vu.

 

DSCN9276 Couleurs flachies d'Ordesa dans le cirque de Salarons. Non, non, il n'y a pas de truquage, c'est bien les couleurs d'origine.

 

A Ordesa, on grimpe sur le premier étage de falaises du cirque qui présente des couleurs vives de bleue à rouge. En fait c'est du calcaire gréseux formé de grands blocs imbriqués où les friends font merveille. Les voies classiques sont équipées partiellement sur pitons surtout dans les passages qui passaient avant en artif. L'escalade est souvent physique pour remonter ses fissures raides en contournant les zones de toits principales. Heureusement ces blocs forment aussi de petites terrasses perchées sur le vide bien pratiques pour faire relais les pieds à plat.

 

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 Juste à gauche de l'Iris, on peut voir le profil du pilier Sud Est du Gallinero: ça déverse grave en fait!

 

C'est ici que se déroule la voie Rabada Navarro, un chef d'oeuvre de cette célèbre cordée de Catalogne.

 

Comme la plus part des voies d'escalade du coin, il est difficile de se rendre compte de la raideur et de la hauteur des parois depuis le pied. Il n'y a qu'une fois dedans que l'on comprend que l'on va remonter de grandes lames de rocher imbriquées qui résistent à la gravité par on ne sait quel miracle.

 

 

Et pour occuper les temps morts au relais, le parc national à tout prévu : Du gypaète à l'aigle royal, les grands oiseaux planeurs ne manqueront pas de venir enrouler quelques ascendances tout au long de la journée le long des faces sud de la vallée d'Ordesa.

 

 La fière aiguille de 400m du "Tozal del Mallo"

 que l'on a vite renommé le "Total des Mazos" après avoir gravi une voie d'escalade dans la face sud qui est encore à l'ombre ce matin.

 

 

tozal mallo

 Grand gaz sur le fil du pilier Est du Tozal del Mallo dans l'avant dernière longueur de la voie Despiau.

 

Cette voie est à recommander dans le style classique des années 60, avec un final magnifique sur le fil de l'aiguille qui rompt avec le paysage fermé de la face sud.

despiau

 

Question logistique: la route d'Ordesa est interdite aux voitures. Des bus  vous emmènent du village de Torla jusqu'au fond de la vallée d'Ordesa de 6h à 22h en été. On peut passer comme ça des vacances sans voiture, installé au camping à  Torla, avec les transports en commun pour aller en montagne.

 

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 Pour se remettre de nos émotions sur les falaises nous avons aussi visités à pied une autre vallée au dessus de Torla. La longue vallée de Bujaruelo est à conseiller pour les amateurs de sauvagerie.

 

Ici la construction du bivouac, passage quasiment obligatoire dans cette vallée sans refuge. Pas besoin de matelas: l'herbe est grasse!

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 Après un printemps très enneigé comme dans le Mercantour, les montagnes regorgeaient d'eau.

 

La moindre dépression abritait un lac magnifique pour le plus grand bonheur de nos mirettes. 

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 Mariage des iris et des chardons bleues dans les alpages.

La végétation est complètement dépaysante dans cette région quand nous sommes plus habitués au Alpes du sud.

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Foule à la Cougourde

20 Juillet 2010 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

La foule... Il ne faut peut être pas exagérer. Nous n'en sommes pas encore à la fréquentation des plages. Mais il y avait bien 6 cordées de 2 ou 3 personnes dans la face ouest de la cime IV dimanche 18 juillet. Heureusement chacun avait prévu une voie différente, mais il fallait être attentif en entendant crier "relais" pour savoir s'il s'agissait bien de sa cordée.

 

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La Cougourde, sous un profil qui rappelle bien les cucurbitacés cougourdonnesques.

 

 

Au premier plan, les torrents sont encore gonflés par la fonte des neiges.

 

Il y a encore un peu de neige au pied des voies qui ne gène pas trop l'accès. Seulement le pied de la Demenge est pourvu d'un névé un peu plus long.

 

 

 

Nous avons fait un petit séjour escalade à la Cougourde avec Brigitte et Muriel dimanche et lundi sous le grand beau temps. Voila une belle occasion de redécouvrir le rocher merveilleux de la Cougourde. Je ne me souvenais plus à quel point les dalles étaient sculptées de trous et bossettes.

 

Sur le gneiss orangé à cupules de la Cougourde.

 

Brigitte prend confiance dans le rocher cougourdonesque dans la voie "Marmotine".

 

Le lendemain, les placements de pied étant affinés, les dalles de "la dame du Lac" à la cime III ne poseront aucun problème.

Marmotine

Entre ombre et soleil dans la face ouest de la Cougourde qui prend le soleil à partir de 11h.

 

Quand il fait trop chaud à Nice, on grimpe bien au frais la haut en pantalon et polaire manche longue. Si si si je vous assure. Et même un petit frisson de temps en temps.

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 Un bouquetin de 5 ans qui ruminait paisiblement dans la voie de descente.
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Dans le haut de la voie "Marmotine", qui n'est pas mentionnée dans le topo, mais qui continue jusqu'au sommet de la cime 4 un peu à droite de la "Lamaje". Au dessus de la vire du Z, seuls les relais sont équipés et il y a qlq rares pitons dans les longueurs.

 

Le temps est magnifique sans un seul cumulus même en début d'après midi. Du coup la  vue est exceptionnelle avec de gauche à droite: Le Brocan, la Nasta, le Caïre Agnel et l'Argentera.

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Solitude au Gien

16 Juillet 2010 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

Une grande journée de montagne jeudi avec Brigitte et Mumu pour rendre visite à la forteresse du Gien. La marche d'approche conséquente est à la hauteur de la qualité de l'escalade. En plus, il reste de la neige dans les couloirs ouest permettant de franchir la crête de Colombron, ce qui ne facilite pas l'approche en ce mois de juillet. Mais le granit à knob du Gien le vaut bien: un régal pour l'escalade.

 

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Les aiguilles du Gien vues de profil.

 

Le dièdre Vernet est visible juste entre l'ombre et le soleil.

 

Encore un petit névé au pied de certaines voies.

 

 

vernet

Nous avons grimpé le dièdre Vernet.

 

C'est une classique assez majeure dans le niveau de difficulté rencontré: facile mais diablement raide et gazeux.

 

Le dièdre suit une veine de quartz formant de grosses prises franches de cristal blanc.

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 Tout le monde ayant la forme, nous sommes sortis par "les enfants de la Brume" dans le haut de la voie.

 

Cette voie propose une sortie directe du dièdre Vernet au dessus de la vire médiane, dans du rocher merveilleux.

 

Vous voulez une journée seule au monde sur du rocher parfait: allez au Gien! Et en traversant la zone humide du lac de Gravierette ne trainez pas, c'est bourré de moustiques affamés! De manière général, le Mercantour est assez humide en ce mois de juillet et la neige qui n'a pas fini de fondre gonfle les torrents et fait déborder les lacs.

 

 Une dernière photo de l'ambiance détendue pour la route.

Derrière les filles, on voit la fameuse aiguille décollée en haut du Gien: un vrai nichoir à Choucas qui vivent là dedans en bande!

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Ciel blanc à l'Olan

13 Juillet 2010 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

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Rien de tel que 4 jours au refuge de l'Olan, la semaine dernière, pour oublier tous les soucis, sans aucune contrainte, avec pour seul objectif de se détendre en grimpant. Même pas vraiment d'horaire à tenir, car le temps n'a jamais tourné à l'orage. Et puis la bonne humeur et les bons conseils du gardien ont participé à l'ambiance du séjour.

Il y avait bien ce ciel bizarrement laiteux et cette chaleur hallucinante à 3000m d'altitude, qui nous rappelait que les restes de glaciers au pied de la face sud de l'Olan n'en avaient plus pour long feu. Mais bon, on va pas se plaindre du beau temps en montagne quand même!

 

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 Les lys orangés au dessus de la vallée du Valgaudemar.

 

On monte au cirque sud de l'Olan depuis La Chapelle en Valgaudemar: le St Martin Vésubie du Valgo, en plus petit bien sûr, étant donné la fréquentation très faible de la vallée.

 

Le sentier jusqu'au refuge est long et raide. Mais on ne s'ennuie pas avec les cascades démentes que l'on coupe tout au long du chemin.

Pour les grimpeurs, il est conseillé de rester plusieurs jours au refuge pour rentabiliser les approches d'environ 2000 m de dénivelé du parking jusqu'au pied des voies.

 

 

Une fois installé au refuge, le cirque sud de l'Olan est un petit paradis pour grimpeur entouré d'aiguilles élancées depuis le Pas de l'Olan jusqu'à la Rouye. Nous en avons visité une chaque jour pour varier les points de vue sur le cirque: L'antécime sud de l'Olan, le pilier du Nounours et les Contreforts sud de l'Olan.

 

 Ici dans la plus belle à notre goût. C'est la voie "Oiseau de Passage" à l'antécime sud de l'Olan. 

 

De fantastiques envolées sur du rocher rouge, toujours à la recherche des zones les plus sculptées par le ruissellement. Et même quelques longueurs entièrement sur cupules où l'on rentre toute la main, comme des sortes de gouttes d'eau géantes.

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 Le ciel laiteux de canicule en plein midi au sommet de l'antécime sud de l'Olan.

 

Au fond, les hauts sommets des Ecrins sont encore bien blancs, aux Rouies, aux Banc ou à l'Ailfroide.

 

De là haut, vue plongeante sur le  Fond Turba et un souvenir ému de Philippe Henry, maintenant décédé, avec qui j'avais fait 4 cents coups en Oisan, dont cette fameuse face Nord de l'Olan.

 

 Sur le pilier du Nounours, avec les contreforts sud de l'Olan qui pointent à gauche.

 

Finalement l'escalade de ce pilier rouge, au profil très séduisant de loin, ne nous a pas tant transcendé que ça.

 

Par contre festival ornithologique au programme avec observation de l'accenteur alpin, du tichodrome (sisi à 3000m!), de l'aigle royale et bien sûr des chocards.

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 Dernier jour au paradis de l'Olan, dans la voie "Surprenantes Soirée" nettement plus soutenues que les autres voies du cirque.

 

Contrairement à ce que l'on peut lire ici où là, l'équipement n'est si mal si on a en plus un jeux de friend pour se protéger. Par contre la voie n'est pas équipée pour les seconds dans quelques traversées engagées.

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Petite dédicace à Jean Phi. Gambaudo dont on a retrouvé les traces sur le bouquin du refuge, forcément pour de grosses bambées à l'Olan, il y a quelques années déjà.

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