REVALPIN

Trekking Auden Pass: Le voyage initiatique

29 Octobre 2014 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Voyages

Voila un petit récit en image de la traversée du Auden Pass dans l'Himalaya indien. Ce col permet de traverser le célèbre massif du Garhwal et de relier deux sources mythiques du Gange: Kedarnath et Gangotri. Ces villages et leur temple sont connues dans toute l'inde car les indous y viennent en pèlerinage aux sources du Gange. Les Sadous viennent également y méditer et s'y ressourcer aux sources de leur religion entreprenant des "marches initiatiques" pied nu sur les chemins de l'Himalaya.

La traversée du massif d'une source à l'autre relève du véritable trekking de haute montagne avec tous les aléas de l'altitude. La première traversée du col a été réalisée par John Bikcnell Auden en 1939, responsable d'étude géologique en inde à l'époque de la colonie Anglaise.

Tout voyage dans l'himalaya indien commence à Delhi. Ici la tombée de la nuit sur l'effervescence du vieux Delhi.

Tout voyage dans l'himalaya indien commence à Delhi. Ici la tombée de la nuit sur l'effervescence du vieux Delhi.

Dès notre arrivée au pied des montagnes, à Rishikesh, le Gange est vénéré par des pujas et des ablutions à l'aube et au crépuscule

Dès notre arrivée au pied des montagnes, à Rishikesh, le Gange est vénéré par des pujas et des ablutions à l'aube et au crépuscule

Les sadous sont ici en nombre, en transit pour les pélerinages les plus célèbres de l'Inde.

Les sadous sont ici en nombre, en transit pour les pélerinages les plus célèbres de l'Inde.

Nous organisons notre trek en 2 jours avec, Solinda, notre contact local qui doit nous servir de cuisto.

Nous organisons notre trek en 2 jours avec, Solinda, notre contact local qui doit nous servir de cuisto.

Le trek commence au village du Ghuttu au milieu des rizieres et des terrasses de millet.

Le trek commence au village du Ghuttu au milieu des rizieres et des terrasses de millet.

 Les premiers jours nous avancons dans la vallée de la rivière Bhilangna sans prendre d'altitude. Les montagnes sont si loin qu'elles sont invisibles: au moins on aura le temps de s'acclimater!

Les premiers jours nous avancons dans la vallée de la rivière Bhilangna sans prendre d'altitude. Les montagnes sont si loin qu'elles sont invisibles: au moins on aura le temps de s'acclimater!

C'est la fin de l'été : la saison pour rentrer du foin pour le bétail. Le tout à dos d'homme, de femme et d'enfant.

C'est la fin de l'été : la saison pour rentrer du foin pour le bétail. Le tout à dos d'homme, de femme et d'enfant.

Le foin sêche ensuite avant d'être stocké à l'intérieur

Le foin sêche ensuite avant d'être stocké à l'intérieur

L'ancêtre du village de Gangi vient nous rendre visite comme pour nous dire que la balade est finie là! Au delà, aucun porteur ne viendra avec nous et une énorme crue en juin 2013 a emporté tout le sentier qui est devenu scabreux.

L'ancêtre du village de Gangi vient nous rendre visite comme pour nous dire que la balade est finie là! Au delà, aucun porteur ne viendra avec nous et une énorme crue en juin 2013 a emporté tout le sentier qui est devenu scabreux.

Après une longue hésitation à Gangi et une tentative infructueuse de 2 jours avec de faux porteurs, nous décidons de partir seul de chez seul vers ces montagnes encore bien lointaines.

Après une longue hésitation à Gangi et une tentative infructueuse de 2 jours avec de faux porteurs, nous décidons de partir seul de chez seul vers ces montagnes encore bien lointaines.

3 jours plus tard nous arrivons au pied du glacier de kathling. Nous avons avalé 30 km de jungle, parfois sans sentier, en marchant dans le lit même de la Bilhangma dont la fureur de 2013 a tout emporté.

3 jours plus tard nous arrivons au pied du glacier de kathling. Nous avons avalé 30 km de jungle, parfois sans sentier, en marchant dans le lit même de la Bilhangma dont la fureur de 2013 a tout emporté.

Le moral remonte car la météo annonce du très beau temps pour les jours à venir; ce qui va nous changer des pluies journalières dans la jungle.

Le moral remonte car la météo annonce du très beau temps pour les jours à venir; ce qui va nous changer des pluies journalières dans la jungle.

3 jours pour remonter le glacier de kathling: une splendeur de la nature couronné de sommets alpins, probablement vierges si loin de tout.

3 jours pour remonter le glacier de kathling: une splendeur de la nature couronné de sommets alpins, probablement vierges si loin de tout.

Levé à 4800m dans notre petite tente pour 3 où chaque centimètre carré est optimisé.

Levé à 4800m dans notre petite tente pour 3 où chaque centimètre carré est optimisé.

Les sacs sont lourds à cette altitude et chaque bloc sur le glacier est un bon pretexte pour admirer la vue et poser la charge.

Les sacs sont lourds à cette altitude et chaque bloc sur le glacier est un bon pretexte pour admirer la vue et poser la charge.

Le camp le plus haut à 5300m juste sous le col : un endroit magique entre le Gangotri 3 et le Jaolin.

Le camp le plus haut à 5300m juste sous le col : un endroit magique entre le Gangotri 3 et le Jaolin.

Le Auden Col est évident au sommet du couloir de neige marquant le point bas de l'arête, juste à droite des "oreilles de lapin" décrite ainsi par John Auden..

Le Auden Col est évident au sommet du couloir de neige marquant le point bas de l'arête, juste à droite des "oreilles de lapin" décrite ainsi par John Auden..

Le versant Nord/Est du Jaolin 6500m en face de nous: l'arête Est à l'air faisable.

Le versant Nord/Est du Jaolin 6500m en face de nous: l'arête Est à l'air faisable.

La montée au col en terrain mixte le lendemain. Rien de bien difficile avec nos crampons, mais pour les porteurs à la descente l'installation d'une corde fixe va être obligatoire.

La montée au col en terrain mixte le lendemain. Rien de bien difficile avec nos crampons, mais pour les porteurs à la descente l'installation d'une corde fixe va être obligatoire.

Au col par une météo parfaite à 5490m. Après 6 jours de solitude, on croise ici même un groupe de 25 indiens qui font le trek dans l'autre sens et traversent aussi le col aujourd'hui!

Au col par une météo parfaite à 5490m. Après 6 jours de solitude, on croise ici même un groupe de 25 indiens qui font le trek dans l'autre sens et traversent aussi le col aujourd'hui!

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L'avenir du Trekking : l'autonomie?

23 Octobre 2014 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Voyages

Nous sommes de retour d'un trekking en Inde, où un concours de circonstances nous a poussé à partir 10 jours en autonomie totale au dessus de toute zone habitée. Tout c'est bien passé, même mieux que l'on pouvait espéré avec un petit sommet à la clef.

Alors voila, l'avenir du trekking serait il dans l'autonomie? Jusqu'alors, cela ne va pas de soi du tout. Il est plutôt d'usage de partir avec une équipe de porteurs. Il n'y a bien qu'au Népal et surtout aux Annapurna, Langtang et Khumbu que l'on trouve tout le long du chemin des lodges offrant des hébergements et des repas très appréciés. Quand on sort de ces zones, il faut une logistique différente sous tente avec une autonomie en nourriture, combustible, sac de couchage chaud et matelas. Ajoutez à cela le matériel glaciaire si nécessaire, voire même de quoi faire un peu d'alpinisme au passage, et votre trek prend les allures d'une expédition avec porteurs, chef porteur, cuisinier, guide local, quand il n'y a pas de plus un officier de liaison imposé par le gouvernement dans les zones sensibles des frontières du pays.

Au passage du col Auden nous croisons un grand groupe de porteurs: c'est le monde à l'envers. Nous, les 3 touristes étrangers, sommes seuls. Les 5 touristes indiens de Bombay dans leur propre pays sont accompagnés de 20 porteurs indiens et népalais!

Au passage du col Auden nous croisons un grand groupe de porteurs: c'est le monde à l'envers. Nous, les 3 touristes étrangers, sommes seuls. Les 5 touristes indiens de Bombay dans leur propre pays sont accompagnés de 20 porteurs indiens et népalais!

Les porteurs sont équipés au minimum: ici ils ont tous leurs vétements sur eux à 5400m. Si la météo tourne au mauvais, c'est sauve qui peut vers le bas!.

Les porteurs sont équipés au minimum: ici ils ont tous leurs vétements sur eux à 5400m. Si la météo tourne au mauvais, c'est sauve qui peut vers le bas!.

Chargement presque provocateur à cette altitude. Mais pourtant le seau rose n'est que la partie immergée de la quinquaillerie allucinante du cook : 2 cocotes minutes, gazinière, panoplie de poelles pour les chapatis, table et chaises pliantes pour les touristes...

Chargement presque provocateur à cette altitude. Mais pourtant le seau rose n'est que la partie immergée de la quinquaillerie allucinante du cook : 2 cocotes minutes, gazinière, panoplie de poelles pour les chapatis, table et chaises pliantes pour les touristes...

J'ai fait pas mal de trekking de cette manière et j'en ferais probablement encore.

Pourtant plusieurs éléments changent petit à petit la donne.

- L'évolution des mentalités des peuples de porteurs: En effet les jeunes Sherpa, Tamang et Gurung qui ont accès à la télé et à l'éducation ne veulent pas laisser leur santé en portant comme leurs aînés. Et s'est bien normal. Ceux que j'avais en 2013 au Népal étaient habillés en jean avec les derniers tee shirts à la mode. Et si les conditions tournent au vinaigre, ils n’essayeront plus de passer un col avec 1m fraiche en basket emballées dans des sacs plastiques (du vécu). Ils demandent à porter de moins en moins lourds: 25kg contre plus de 40kg avant. Ceci leur permet aussi de prendre quelques affaires personnelles en plus de leur charge et de moins se cailler tout simplement! Ceux qui continuent ce métier veulent de meilleur condition financière, des assurances et un contrat de prévoyance.

- L'évolution des prix: il est loin le temps (lu dans les livres des années 70) des porteurs à 1$ par jour. En 2014 on parle plutôt de 10€ par jour. L'inflation est très importante dans tous les pays himalayens et les prix ont doublés pour ce que j'ai pu voir depuis 5 ans. Un trek de 2 semaines commercialisé 2000€ par personne est dans la norme en Inde ou au Népal et si vous demandez en plus un accompagnant qui parlent votre langue et un vrai guide vous arrivez au même prix que les agences françaises.

- L'aménagement des vallées himalayennes: la construction des routes progressent dans les vallées, et la vie courante des vallées ne nécessite plus de porter pour ravitailler les villages. Les locaux qui veulent tirer parti du tourisme construisent des lodges, et les autres partent à la ville. Plus personne n'a d’intérêt à porter et on propose des mules ou un yak aux touristes qui ont encore besoin de faire porter leur bagage. Ceux qui voudraient monter en haute montagne avec des porteurs ont intérêt d'arriver de la capitale avec des porteurs venant de loin (souvent népalais) car plus personne ne pratique ce dur métier depuis l'arrivée des pistes carrossables dans la vallée.

- La lourdeur d'une grosse équipe de porteur qui n'est pas flexible. Il faut trouver de grands emplacements pour poser le camp chaque soir, ce qui contraint à s'arrêter parfois trop tôt ou trop loin. Il n'est pas non plus possible de rester 2 jours de plus en altitude pour profiter d'une fenêtre météo et tutoyer les sommets. Une fois passé un col, les porteurs descendent rapidement le plus bas possible, car ils ne sont pas équipés pour rester longtemps dans la neige.

En Inde au Garwall, les mules permettent de porter nos sacs sans problème jusqu'au dernier village de la vallée de Guttu. Au dessus, on nous a promis des porteurs.

En Inde au Garwall, les mules permettent de porter nos sacs sans problème jusqu'au dernier village de la vallée de Guttu. Au dessus, on nous a promis des porteurs.

Nous avons essayé d'embaucher des porteurs locaux au village de Gangi. En plus d'être des escrocs,  ils ne savaient pas porter une charge. Ils ont tenté le coup classique de nous extorquer des roupis en menaçant de laisser les charges en plan. Du coup nous avons fait demi tour après une journée infructueuse de marche avec eux.

Nous avons essayé d'embaucher des porteurs locaux au village de Gangi. En plus d'être des escrocs, ils ne savaient pas porter une charge. Ils ont tenté le coup classique de nous extorquer des roupis en menaçant de laisser les charges en plan. Du coup nous avons fait demi tour après une journée infructueuse de marche avec eux.

Du coup nous voila partis seul de chez seul pour traverser la chaine du Garwall. Les sacs sont bouclés avec 8 jours de nourriture qui peuvent permettre de tenir 10 jours. Nous avons renvoyé le matériel superflu à la ville la plus proche avec notre cuisinier qui nous avait accompagné jusque là. Nous avons gardé une seule tente 2 places pour 3. J'ai très vite abandonné mes baskets pour les chaussures de hautes montagnes permettant d'alléger le sac. A nous la liberté absolue.

Du coup nous voila partis seul de chez seul pour traverser la chaine du Garwall. Les sacs sont bouclés avec 8 jours de nourriture qui peuvent permettre de tenir 10 jours. Nous avons renvoyé le matériel superflu à la ville la plus proche avec notre cuisinier qui nous avait accompagné jusque là. Nous avons gardé une seule tente 2 places pour 3. J'ai très vite abandonné mes baskets pour les chaussures de hautes montagnes permettant d'alléger le sac. A nous la liberté absolue.

Notre tente est minuscule au milieu des glaciers: Est ce bien raisonnable d'être seul ici, à 4 jours de marche du village le plus proche.? Nous n'avons pas osé dire au dernier village traversé, que l'on voulait traverser le massif de peur qu'ils nous en empêchent. Ils nous auraient pris pour des fous. Les instituteurs nous ont prévenus que c'était complettement interdit de monter plus haut que le dernier village.

Notre tente est minuscule au milieu des glaciers: Est ce bien raisonnable d'être seul ici, à 4 jours de marche du village le plus proche.? Nous n'avons pas osé dire au dernier village traversé, que l'on voulait traverser le massif de peur qu'ils nous en empêchent. Ils nous auraient pris pour des fous. Les instituteurs nous ont prévenus que c'était complettement interdit de monter plus haut que le dernier village.

Du coup l'avenir nous cantonnerait au trekking de lodge en lodge, avec la disparition des porteurs.

Bien sûr que non! Il faut abandonner notre vision colonialiste de ces pays et se mettre à la portée des habitants locaux qui vont mener leur troupeaux jusque dans les hautes vallées en autonomie pendant plusieurs semaines. Il est devenu possible de partir en autonomie sans avoir des sacs impossibles en Himalaya :

- le matériel léger et performant a permis cette révolution: duvet très chaud de 1,5 kg, tente mono toit, matelas très confort ultra léger, petit réchaud à gaz ultra performant (4 cartouches 230g pour 3 personnes pendant 10 jours), on trouve des cartouches de gaz à visser à Delhi, Katmandou, Islamabad et ailleurs surement. Les vêtements chauds se sont aussi un peu allégés avec les doudounes et les vêtements ultra respirant permettent de se passer de rechange car tout sèche très vite. Il est aussi possible de prendre du matériel d'alpinisme léger : mieux vaut des crampons en aciers si vous rencontrez des pentes de glace, par contre baudriers, corde et piolets peuvent être sélectionné dans le matériel ultra-light si l'on ne prévoit pas de course trop technique.

- Certes, il n'existe pas de cartes topographiques précises en himalaya, sauf dans quelques coin du Népal et un guide local peut être indispensable. Mais une bonne préparation sur internet peut palier ce problème: on trouve des descriptions et des photos de la plupart des itinéraires. Le GPS permet de vérifier sa situation à tout moment sur une carte calibrée. Une impression de la photo satellite google earth complète la carte.

- Il est possible d'avoir des prévisions météo grâce au téléphone satellite au fond de l'Himalaya diminuant nettement le risque de s'engager pour plusieurs jours en altitude. Ceci permet d'alléger encore les sacs et de ne pas prendre un équipement pour le très gros mauvais temps. Si la tempête de neige est annoncée, on attend que ça se passe à plus basse altitude, avant de s'engager pour passer un col par exemple.

- Reste la nourriture: le nerf de la guerre. Là je ne peux donner aucun conseil. Je ne pense pas qu'il faille conseiller de manger des lyophilisés pendant tout un trek. Il faut panacher et varier les saveurs. Le tout et de faire des portions énergétiques pour chaque jour. Nous avions des lyophilisés pour la moitié du trek, et de la nourriture locale très épicées pour le reste. Avec des fruits secs, des biscuits et du jambon sec ramené de France nous avons tenu 9 jours. On était bien sûr mort de faim en arrivant à Gangotri, pour mieux apprécier les talis et autres délicieuses kulfis du premier restaurant où nous nous sommes engouffrés.

Seul, les rencontres avec les villagois prennent une autre tournure. Nous nous mettons à leur niveau, sans artifice, sans guide indien entre nous.

Seul, les rencontres avec les villagois prennent une autre tournure. Nous nous mettons à leur niveau, sans artifice, sans guide indien entre nous.

Nous ponsons chaque soir notre petite tente où bon nous semble au détour du grand glacier de Kathling.

Nous ponsons chaque soir notre petite tente où bon nous semble au détour du grand glacier de Kathling.

Nous avons pu observer une faune sauvage (moutons bleus ou barrhals) qu'il ne nous était jamais arrivé d'approcher de si près dans un grand groupe.

Nous avons pu observer une faune sauvage (moutons bleus ou barrhals) qu'il ne nous était jamais arrivé d'approcher de si près dans un grand groupe.

Nous passons 4 jours au dessus de 5000m permettant de monter sur une antécime du Gangotri III à plus de 6000m.

Nous passons 4 jours au dessus de 5000m permettant de monter sur une antécime du Gangotri III à plus de 6000m.

Seul l'épuisement des victuailles nous poussent à descendre. Un sentiment de liberté absolu a transformé à jamais notre vision du trek en himalaya.

Seul l'épuisement des victuailles nous poussent à descendre. Un sentiment de liberté absolu a transformé à jamais notre vision du trek en himalaya.

Suite des photos dans un autre article.

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Chasseur de Spigolo

9 Octobre 2014 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Topos

Une nouvelle voie vers St Auban, qui attend les grimpeurs dans le très Haut Esteron au village de La Sagne.

Chasseur de Spigolo
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