REVALPIN

Lessivage au Verdon

10 Juin 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Escalades

La pluie ne nous a pas fait de cadeau le week end dernier au Verdon. En plus, il devient de plus en plus difficile de trouver un bout de rocher sec, car les résurgences coulent  à plein dans la plupart des dévers. Nous n'avions jamais vu l'Escales dans cet état:  les tranches de 300m d'épaisseur de calcaire transpirent d'humidité qui dessine autant de trainées noires sur le rocher. La photo de l'Escales prise par Chistophe Bordieu est parlante.
Du coté du Duc, il ne faut même pas en parler: plus une seule parcelle de rocher sec tellement ça dégouline.
 Jamais vu le Verdon aussi furieux: un torrent de boue qui charrie blocs et troncs d'arbre. Mais où sont les plages de galets où se baignent les touristes à cet époque?

D'ailleurs dans les voies, il n'y avait pas moyen de s'entendre d'un relais à l'autre à cause du fracas de l'eau.

Le premier jour a été fructueux en découverte de lignes de rappel pour réchapper d'une voie sous la pluie.
Le deuxième jour, le réveil chez Florence avec le bruit des gouttes d'eau tambourinant les tuiles, nous fait dire qu'il est tant de jouer le joker pour avoir une chance de grimper au sec. Direction la paroi rouge, abritée par 50m d'avancée de toits et autres ventres. On part pour Kallisté:  qui se traduit par  "la plus belle" en grec. Une voie en libre, dont le cheminement ressemble plutôt à un itinéraire d'artif, franchissant tout droit la paroi déversante sans prendre de ligne de faiblesse marquée, vu du bas. Le haut de la voie sort dans du rocher gris trempé. Nous sommes donc sortis à la vire médiane pour rejoindre le jardin au pied de la Castapiagne.

Muriel attaque la première longueur qui met tout de suite dans l'ambiance: de bonnes prises et un bon penchage de 10 à 20° au delà de la verticale.

L'équipement béton sur ring, permet de se lâcher complètement pour tenter la lolotte de l'enfer permettant de s'allonger jusqu'à la prochaine prise.

Les dévers oppressants de la paroi rouge deviennent soudain un havre de paix, quand l'orage éclate avec violence  en mi journée.  Pendant ce temps, à l'abri du rideau de pluie, on savoure le rocher aux formes étranges et fantastiques, on s'applique à enchaîner quelques mouvements avec un gaz ébouriffant sous les pieds.


La fin de la longueur en 7a.
Comme dans toute la voie, on dirait que ça  ne passe pas vu du bas. Puis quand on a le nez dessus, on découvre  tout un tas de trous et manoilles inattendues qui permettent une escalade à bras enthousiasmante à la recherche du prochain bac.

La sortie de L4 est mouillée par l'eau dégoulinant des toits supérieurs. Il faut passer quelque pas au taquet avec les points qui s'éloignent et les chaussons qui glissent et la vire de réchappe approche. Encore une longueur en cheminée dans du rocher rouge violacé et la soif de grimpe est au moins étanchée jusqu'à la prochaine accalmie de ce printemps bon pour les grenouilles.

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Lolo 10/06/2008 20:53

salut Thibaud!Il me semblait bien   avoir vu le Kangoo rouge parké au belvédère!Héhéhéhéhé ca mouille sur les falaises mais les canyons du 04 sont au top!Avec des potes on s'est fait le Riou de Moustier c'etait a donf!A bientot sur le blog ou sur du rocher...sec!lolo

matB 10/06/2008 13:34

EhehehehC'est pas de la grimpe qu'il faut faire en ce moment : c'est du canyon !!!Samedi, on a eu des conditions magnifiques !