REVALPIN

Granit du Mt Blanc

13 Août 2008 , Rédigé par Revalpin Publié dans #Voyages

Voila quelques infos sur notre sortie annuelle au massif du Mt Blanc. Au vu de la fréquentation extrême du massif, en général une seule course là bas par été suffit à nous dégoûter pour la saison. Nous avions choisi d'aller visiter le granit des piliers du Brouillard en se disant que pas grand monde aurait envie de faire 2200m d'approche pour aller dérouler quelques longueurs d'escalade. Nous voila donc partis pour le bivouac Eccles à 3800m d'altitude.

En avant sur le glacier du Brouillard au pied des piliers de granit géant qui soutiennent le Mt blanc de Courmayeur.

Le bivouac Eccles est encore assez loin sur le flanc de l'aiguille visible tout à droite de la photo, et pourtant on commence déjà à être pas mal claqué de cette longue montée.

Le glacier est chaotique, mais il se remonte encore assez bien avec de nombreux ponts de neige qui devraient tenir quasiment toute la saison grâce aux chutes de neige régulières qui arrosent le massif cet été.

Effectivement personne n'allait grimper aux piliers du Brouillard. Mais c'était sans compter avec tous les acharnés de très hautes montagnes, qui étaient aussi montés à Eccles pour assaillir le pauvre Mt Blanc par toutes ces arrêtes: Innominatta, pilier du Freney, Peuterey. En tout, environ 26 personnes à Eccles le premier soir. Autant dire qu'il était impossible de fermer l'oeil dans cette boite de sardine de 9 couchettes bondées à craquer. Heureusement tout ce monde part petit à petit dans la nuit. A partir de 4h30 nous nous retrouvons seul au refuge et il est enfin possible de se reposer un peu sur le matin. Tant pis pour l'horaire matinal, c'est tellement bon de pouvoir enfin dormir un peu. Une fois opérationnel pour grimper, les conditions ne nous laissent pas trop le choix de la voie. La saison avancée a formé d'énormes rimayes au pied du pilier central et du pilier Bomington. Seul le pied du pilier rouge est à peu près fréquentable. Pour la voie Bonatti il faut remonter un gros cône en contournant une rimaye béante. On choisi donc "les anneaux magiques" dont l'attaque était encore pourvue d'un pont de neige permettant d'atteindre le rocher.

 Le départ  de la voie par la rampe de la directissime du Pilier Rouge qui nous a permis de rejoindre L2 des "anneaux magiques". L'attaque directe de la voie Piola était défendue par un trou béant qui ne doit pas souvent passer allégrement!
 Au milieu du socle des "Anneaux magiques", toujours pas d'anneaux de rocher en vue: on nous aurait menti ou bien??

Au dessus, le pilier rouge quasi déversant menace: mais par où ça passe?

Finalement plus ou moins sur le fil gauche  de la photo.


 

Les fameux "anneaux magiques" se trouvent finalement dans la longueur la plus dure en 6c sur un mur pourvu d'écailles de rocher en forme de croissant de plus en plus fines en montant vers le haut. La longueur précédente suivant une veine de quartz blanc nous a beaucoup plu. Au dessus la voie suit une succession de fissures plus ou moins larges à la chamoniarde. Nous nous sommes un peu perdus dans le bastion en suivant des diedres trop à droite sur le fil. Visiblement nous n'étions pas les premiers, car il y a un piton et un friend coincé dans un passage plus dur.  En haut des "anneaux magiques" nous sommes redescendus en rappel sans sortir en haut du pilier car la journée était déjà bien avancée. En plus il faut remonter la corde fixe qui permet de descendre à l'étage inférieur du glacier par un mur de glace raide. Il vaut mieux  prévoir un brin de 50m à fixer pour ce passage au cas où les conditions se détériorent : sérac plus haut ou chute de pierres coupant la corde.

 La sortie de la longueur clef en dalle.
 
La face est déjà passée à l'ombre à cause de notre départ tardif et il fait bien frisquet tout d'un coup.

Tout en bas le glacier du Brouillard écoule tout doucement ses tonnes de glaces qui s'écroulent régulièrement à grand fracas.
   Muriel traverse pour rejoindre la voie Piola et ses beaux relais équipés après notre fourvoyage sur le fil gazeux du pilier.

La descente en rappel est très pratique et nous n'avons pas coincé la corde.

Il y a juste un relais sur un piton et des vieilles sangles à consolider. Apparemment la voie doit en croiser une autre plus vieille à ce niveau et il n'y a donc pas de spits au relais pour ne pas modifier l'ambiance?

Finalement, le choc des cultures n'a pas été si violent que ça entre les niçois et les chamoniards. Une fois la foule partie au Mt Blanc, nous avons eu tout le cirque pour nous seul et le deuxième soir nous étions seul au bivouac: un peu plus en accord avec nos habitudes du grand sud.
Un petit coucou à Seb Meyer et sa copine qui ont du se régaler à l'arrête de l'Innominata et un grand merci à Mario Monaco de Cuneo qui nous a laissé quelques délices culinaires pour le deuxième soir après avoir buter à l'arête de Peuterey. Et quel repas de roi: les tortellinis fais maison de sa femme avec les olives et la mozarelle dans son jus. Un vrai régal tout là haut!!

Commenter cet article

Thibaut 16/08/2010 13:32



Il ne me semble pas que l'on ai tapé un seul clou dans les "Anneaux Magiques". Il y a des spits aux relais et quelques'uns dans les longueurs d'après mes souvenirs. On descend en rappel sans
soucis. C'est dans la "directissime" qu'il faut des clous! On en a fait deux longueurs dans le haut du pilier en se trompant de voie et effectivement il n'y avait que deux clous dans les passages
difficiles.


Au dessus de la longueur aux "anneaux", il faut rester sur la gauche du fil du pilier pour suivre la voie Poila. Bonne grimpe au pays du granit très haut perché.



yannick 13/08/2010 13:28



hello


 


je cherchais des infos sur "les anneaux magiques" et je tombe sur ton blog. Mieux, tu y salues Seb Meyer et Aline, qui sont des bons amis... le monde est petit.


concernant les anneaux magiques, que j'ai entre autres projets, un ami me disait qu'ila vait du renforcer chaque relais, laissant au total 10 pitons dans la voie!!! qu'as tu trouvé comme
relais en y allant?


 


merci


Yannick