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Hiver 2005 : nouvelle glaciation?

2 Avril 2005 , Rédigé par Tournier Publié dans #Cascades de glace

Petit comeback sur un hiver pas comme les autres...

Une nouvelle ère glacière s’est installée dans les Alpes Maritimes en ce début d’année. Les conditions exceptionnelles ont concerné toute la France cet hiver pour la pratique de la cascade de glace. Cependant on se souviendra particulièrement du grand cru 2005 dans le Mercantour pendant quelques années.

La chute du thermomètre s’est fait attendre jusqu’à début janvier. Mais une fois conquis la côte d’azur, le froid ne s’est pas laissé mettre dehors jusqu’à mi mars. Avec des hauts et des bas (surtout des très bas !) la température a permis de figer les cascades rebelles et impétueuses des Alpes de l’extrême sud. Certains diront qu’il manquait de neige pour former de la glace par le jeu du gel et du dégel. Mais les glacièristes lourdement chargés de broches et pitons en tous genres savent toujours tirer profit des caprices de madame météo. L’absence providentielle de neige facilitera donc l’approche.

Pas beaucoup d’eau? Il faut donc aller là où ça coule généralement beaucoup. Ce sera l’année des gros débits. Ouvrons vite un topo de canyon. En cherchant ceux qui présentent les plus hautes cascades et qui sont assez en altitude, le choix est vite fait. La cascade de l’Ouch à Isola en est un magnifique exemple. Beaucoup de monde a pu profiter de son englacement exceptionnel, même si le débit qui ne s’arrête jamais grondait encore sous sa carapace de glace.

Les glacièristes s’en sont donc donnés à coeur joie et de nouvelles lignes ont vu le jour. C’était l’année ou jamais pour progresser en glace dans le 06 et les initiations à la cascade ont fleuri un peu partout.

De la glace dans toutes les vallées : dans le Var d’Estenc à Puget Theniers, la Tinée de Saint Dalmas à Bancairon, le Cians, et même un peu en Vésubie et en Roya.

  Quelqu'un a t il osé gravir la Peira cet hiver? La basse Vésubie se parrait en tout cas de beaux glaçons le long de la route.

 

De la glace pour tous les goûts : du facile et du très raide, du cassant et du sorbet, à l’ombre et même en plein soleil cette année, taillée avec des marches ou encore vierge de trace, lisse ou à la surface très travaillée, sans le moindre passage en rocher ou typée très dry...

Plusieurs cascades qui avaient été rarement grimpées jusqu’à présent ont vu des dizaines de parcours cet hiver, comme la magnifique Chabanals à Demandols. Les semaines passent, mais on a toujours des projets plein la tête. Et si jamais il ne refaisait plus aussi froid d’ici plusieurs années? Vite, il faut grimper toutes ces cascades plus rares les unes que les autres. J’ai un projet dans le haut Var, mais déjà un collègue m’averti qu’il a repéré de la glace à Gialorgue et qu’il a grimpé une cascade magnifique dans le Cians. Les jours de congé manquent pour profiter de tout et il faut faire des choix. Heureusement le froid perdure beaucoup plus longtemps que d’habitude pour le bonheur de tous.

L’euphorie nous quitte avec l’arrivée du redoux. Le printemps s’installe. Le fracas des chutes d’eau reprend ses droits et l’avenir de nos piolets et crampons se trouve un peu plus haut en altitude. Les niçois maintenant bien affûtés vont-ils déferler dans les goulottes des Alpes ce printemps?

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